NOUVELLES
09/03/2014 09:05 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

Pierre Karl Péladeau sera candidat du Parti québécois dans Saint-Jérôme

SAINT-JÉRÔME, Qc - L'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau a déclaré dimanche qu'il avait décidé d'être candidat du Parti québécois pour faire du Québec un pays indépendant et prospère.

La candidature de M. Péladeau, actionnaire de contrôle de Québecor, fournit au PQ une caution économique pour répondre aux critiques de ses adversaires qui critiquaient ses faiblesses dans ce domaine.

Son arrivée retentissante, gardée secrète jusqu'à dimanche, crée aussi un effet de surprise dont les péquistes tenteront de tirer profit dans la campagne électorale.

À Saint-Jérôme, dans la circonscription du même nom où le caquiste Jacques Duchesneau s'est fait élire en 2012 après avoir fait une entrée aussi fracassante, M. Péladeau a fait une profession de foi indépendantiste devant une foule qui l'a chaudement accueilli.

M. Péladeau, âgé de 52 ans, a adhéré au PQ dimanche, dans l'autobus de campagne de Mme Marois qui l'emmenait vers le lieu de la conférence de presse où il a annoncé sa candidature.

«Mon adhésion au Parti québécois est une adhésion à mes valeurs les plus profondes et les plus intimes, c'est-à-dire faire du Québec un pays», a-t-il lancé sous un tonnerre d'applaudissements.

L'homme d'affaires, qui placera ses actifs dans une fiducie sans droit de regard, a affirmé qu'il avait choisi de faire de la politique pour stimuler l'entrepreneurship, l'innovation et la productivité.

«Aujourd'hui, je fais le choix de servir les Québécois et de me consacrer notamment à la prospérité économique du Québec», a-t-il dit.

Selon M. Péladeau, le Québec a progressé depuis 50 ans au point d'en arriver au même niveau que d'autres nations.

«Aujourd'hui nous avons tous les outils et tous les moyens pour faire en sorte justement de maîtriser notre propre destinée», a-t-il dit pour expliquer ses convictions indépendantistes.

À ses côtés pour annoncer sa candidature, qui avait fait l'objet de rumeurs au cours des derniers mois, la chef péquiste Pauline Marois a souligné le caractère exceptionnel de l'entrée en politique de M. Péladeau, qu'elle avait nommé l'an dernier président du conseil d'administration d'Hydro-Québec.

«Ce n'est pas tous les jours qu'on voit le dirigeant d'une grande entreprise choisir de s'investir dans le service public en mettant son talent, son expérience et son énergie au service de ses concitoyens», a-t-elle dit.

Mme Marois avait offert à l'homme d'affaires de se joindre à son équipe «il y a quelques mois» mais ce n'est qu'il y a une semaine qu'elle a reçu sa réponse positive.

Fin février, M. Péladeau avait déclaré à la presse qu'il ne voulait pas être candidat, mais dimanche, il a expliqué que sa décision a changé quand Mme Marois a finalement réussi à le convaincre ensuite.

«Elle est convaincante et déterminée et elle est venue au bout de l'exercice», a-t-il dit.

M. Péladeau a rendu hommage à sa conjointe, la productrice Julie Snyder, mère de deux de ses trois enfants avec qui il est en processus de séparation, pour son soutien, qui l'a incité a accepter de faire le saut.

«La vie politique est trop exigeante, il faut avoir un environnement qui va être paisible et j'ai le soutien de Julie», a-t-il dit.

M. Péladeau, critiqué abondamment pour son bilan dans le secteur des relations de travail, où il a abondamment eu recours au lock-out, a spontanément fait référence à son style de gestion dans son discours.

«J'ai une manière de faire les choses, en regardant vers l'avant, en avançant avec détermination, peu importe les embûches et en étant guidé par l'ambition de la réussite», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse qui a suivi, M. Péladeau n'a pas écarté la possibilité qu'il puisse un jour vouloir succéder à Mme Marois, qui aura 65 ans quelques jours avant le scrutin du 7 avril prochain.

«J'ai l'intention d'être élu et de représenter la circonscription de tous les électeurs de Saint-Jérôme», a-t-il dit.

Relancé sur le sujet, M. Péladeau n'a pas nié son intérêt, se limitant à dire qu'il avait déjà répondu à la question.

Reprenant une formule de l'ancien premier ministre Bernard Landry, M. Péladeau a déclaré qu'il n'était «ni à gauche ni à droite», mais «en avant», pour ajouter ensuite qu'il adapterait ses façons de faire à la gestion gouvernementale.

«L'État et l'entreprise privée sont deux choses complètement différentes, a-t-il dit. L'entreprise privée est redevable aux actionnaires, l'État est redevable à l'égard des citoyens et de la collectivité. Et je ne crois pas que l'État doit être dirigé comme une entreprise.»

Mme Marois a affirmé que l'arrivée de M. Péladeau n'avait rien à voir avec la décision de retirer de sa plate-forme électorale son projet de renforcer la loi sur les briseurs de grève.

«Aucun lien avec la candidature de M. Péladeau», a-t-elle dit.

M. Péladeau a démissionné dimanche matin de tous ses postes électifs des conseils d'administration à Québecor et Hydro-Québec.

Concernant les entreprises dont il demeurera actionnaire, M. Péladeau a assuré que leur objectivité ne sera en rien amoindrie pas son passage en politique.

«Chez Québecor, la direction n'intervient pas dans le contenu éditorial», a-t-il dit.

Québecor est notamment propriétaire de l'entreprise de télécommunications Vidéotron, ainsi que Sun Media, qui regroupe le réseau TVA, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, ainsi que des quotidiens dans d'autres provinces canadiennes.

S'il est élu, M. Péladeau placera ses actifs dans une fiducie ou un mandat sans droit de regard avec instruction de ne pas vendre les titres qu'il possède de Québecor, une entreprise inscrite en bourse.

«Les actionnaires de Québecor sont très nombreux et je ne vois pas de conflit d'intérêts», a-t-il dit.