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09/03/2014 10:30 EDT | Actualisé 09/05/2014 05:12 EDT

France: près de 3.500 antinucléaires manifestent sur le Rhin et à Fessenheim

Près de 3.500 antinucléaires français, allemands et suisses manifestaient dimanche sur plusieurs ponts du Rhin à l'occasion du troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, pour réclamer la fermeture immédiate de la doyenne des centrales nucléaires françaises à Fessenheim (est).

A l'appel de diverses associations antinucléaires et environnementales des deux côtés de la frontière, les manifestants ont investi en début d'après-midi huit ponts enjambant le Rhin, de Strasbourg jusqu'à la frontière suisse en passant par Fessenheim, rassemblant à chaque fois une à plusieurs centaines de personnes, ont constaté sur place des photographes de l'AFP.

La police et la gendarmerie ont recensé près de 3.500 personnes sur l'ensemble des ponts, où des actions pacifiques et symboliques étaient prévues, comme des chaînes humaines, des lâchers de ballons, des prises de parole et une minute de silence en mémoire des victimes de Fukushima.

"Fukushima, les gens croient que c'est derrière eux, alors qu'en réalité ça ne fait que commencer: le plus grand nombre de victimes est à venir. On commence maintenant à voir apparaître de premières leucémies infantiles" au Japon, s'est indigné André Hatz, porte-parole de l'association Stop Fessenheim et membre du réseau Sortir du nucléaire, interrogé par l'AFP.

Une partie des manifestants devait converger vers 14H30 GMT devant la centrale nucléaire de Fessenheim, la plus vieille de France encore en service, pour y réclamer sa "fermeture immédiate".

Le gouvernement français s'est engagé à la fermer en 2016. "On est en train de nous mener en bateau, un accident peut arriver n'importe quand", a dénoncé M. Hatz, rappelant que la centrale alsacienne est construite sur une faille sismique.

Parmi les manifestants à Fessenheim figure le Japonais Naoto Matsumura, surnommé "le dernier homme de Fukushima", qui effectue actuellement un séjour en Europe pour avertir des risques nucléaires.

Jeudi, à Paris, il avait estimé que le prochain accident nucléaire arriverait "soit au Japon, soit en France".

"Il faut dire haut et fort qu'il faut arrêter le nucléaire, il faut se battre", avait ajouté celui qui vit en ermite avec des animaux près de la ville japonaise désertée de Tomioka, située dans le périmètre interdit d'un rayon de 20 km autour de la centrale de Fukushima, dévastée depuis le tremblement de terre et le tsunami du 11 mars 2011.

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