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08/03/2014 04:21 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Rendez-vous "Rue Melina Mercouri", 20 ans après la mort de l'actrice grecque

Aux visiteurs qui s'étonnaient de trouver une photo des Colonels grecs dans l'appartement parisien où Melina Mercouri était en exil, l'artiste répondait "C'est au cas où j'oublierais de les détester". L'exposition qui lui rend hommage à Athènes, 20 ans après sa mort, fourmille de semblables anecdotes.

Melina chantant, Melina dansant, Melina mangeant, buvant et, bien sûr, fumant: c'est d'abord à un étourdissant kaléidoscope de photos noir et blanc qu'invite l'exposition "Rue Melina Mercouri" au musée Benaki.

Comme on tourne les pages d'un album défile les moments d'une vie qui a vu la fille de notables athéniens née en 1920, dont le grand-père fut maire de la capitale, débuter au théâtre dans des tragédies antiques et pièces contemporaines, triompher au cinéma, graver des classiques de la chanson grecque, devenir ministre.

Une carrière menée en femme libre et passionnée qui en a fait une icône toujours très chère au coeur des Grecs, 20 ans après sa mort, le 6 mars 1994.

Une vie qui lui a fait cotoyer le gratin artistique et politique international de la seconde moitié du 20è siècle: l'exposition la montre aux côté d'Indira Gandhi, Salvador Dali, John Kennedy, François Mitterrand, Jean-Paul II, Arthur Miller, Elizabeth II face à laquelle cette grande fille sans chichi exécuta une parfaite révérence...tout en offrant à la reine la mauvaise main.

Son exil en France durant la dictature des Colonels (1967-74) qui l'avaient privée de ses droits civiques lui fit nouer avec le pays des liens particuliers. On la découvre dans son appartement parisien de la rue de Seine, aux côtés du cinéaste américain Jules Dassin, son époux jusqu'à la fin, celui dont elle disait qu'il avait marqué "un tournant dans sa vie, sa carrière, son âme".

C'est d'ailleurs dans ces photos plus intimes qu'explose le naturel de Melina, qu'un critique américain avait décrit comme "la créature qu'on voudrait amener chez sa mère... si sa mère n'était pas là".

"Je ne suis ni humble ni prudente, je ne suis vraiment pas une bonne fille, je n'oublie pas facilement et je suis ambitieuse", disait celle qui aurait voulu redevenir "jeune fille pour faire la révolution".

En fait de révolution, elle conquis la gloire, un prix d'interprétation à Cannes pour le film de Dassin "Jamais le dimanche" et la célèbre chanson "Les enfants du Pirée", un mandat de député, un poste de ministre de la Culture (81-89 et 93-94) dans des gouvernements socialistes où elle s'est battue, en vain, en faveur de la restitution des frises du Parthénon, exposées au British Museum de Londres, et a créé le concept des capitales européennes de la culture.

En plus de l'exposition à Athènes, une rétrospective lui est consacrée à la cinémathèque d'Athènes jusqu'à mercredi et qui sera reprise au cinéma Le Balzac à Paris du 16 au 18 mars. Un spectacle musical lui rend également hommage à Paris au mois de mars.

smk/pt

"Rue Melina Mercouri", jusqu'au 25 avril, musée Benaki, rue Pieros, Athènes.