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08/03/2014 03:56 EST | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

Pauline Marois décoche une série de flèches à Philippe Couillard

LAVAL, Qc - Philippe Couillard se comporte comme s'il était le chef du Parti libéral du Canada, a déclaré samedi la chef péquiste Pauline Marois.

Devant 700 militants du Parti québécois (PQ) réunis pour l'adoption de leur plate-forme électorale, Mme Marois a attaqué son adversaire libéral.

Parmi les chefs du Parti libéral du Québec (PLQ) et du PQ qui se sont succédé à la tête de l'État québécois depuis la fin des années 1950, M. Couillard est le seul à ne pas avoir pris la défense des intérêts de la nation québécoise, a déclaré la chef péquiste dans un discours.

«Lesage l’a fait, a-t-elle dit. Johnson, Bourassa, Lévesque, Parizeau, Bouchard, Landry et même Jean Charest. Ils ont tous défendu les intérêts de notre nation.»

Selon la chef péquiste, M. Couillard a manqué à ses devoirs d'élu de l'Assemblée nationale.

«Je l’ai entendu défendre avec passion le Canada, la citoyenneté canadienne, a-t-elle dit. Mais pas une fois je n’ai entendu le nouveau chef libéral se battre avec la même passion, avec la même force, pour défendre les intérêts de la nation québécoise. Il pense, parle et agit comme un chef du Parti libéral du Canada.»

Bien qu'elle ait reconnu le bilan de M. Charest en matière de défense des intérêts du Québec, Mme Marois a affirmé qu'à l'arrivée au pouvoir des péquistes, en septembre 2012, la fierté québécoise «était en berne».

«Pour les libéraux, c’est comme s’il fallait s’excuser d’être une nation différente du Canada, a-t-elle dit. C’est comme s’il fallait s’excuser de défendre les intérêts du Québec. Comme s’il fallait s’excuser de vouloir vivre en français chez nous.»

Au cours d'une réunion à huis clos, les centaines de délégués d'exécutifs régionaux et des circonscriptions ont adopté à l'unanimité la plate-forme électorale péquiste.

Après le vote, Mme Marois est apparue sur une scène dans un hôtel lavallois devant la quasi-totalité de ses candidats qui se sont tenus derrière elle durant son allocution.

La chef péquiste a expliqué qu'elle présentera au cours des prochains jours les engagements électoraux d'un gouvernement péquiste.

En matinée, Mme Marois a corrigé le tir, après avoir exprimé le souhait que les deux députés de Québec solidaire, Amir Khadir et Françoise David, se joignent éventuellement au PQ.

«Ce que je souhaite, c'est que tous les souverainistes viennent voter pour des candidats du Parti québécois», a-t-elle dit aux journalistes.

Mme Marois n'a pas rencontré la presse, après le dévoilement de sa plate-forme, mais son entourage a assuré qu'elle sera disponible pour répondre aux questions au moment où elle prendra ses engagements.

Décrite dans l'entourage comme une «continuité» des engagements péquistes, la plate-forme propose d'instaurer un mécanisme de révision de l'ensemble des services publics.

L'objectif de ce mécanisme, qui n'est pas décrit, serait d'éviter les dédoublements, d'augmenter l'efficacité et la qualité des services tout en simplifiant les procédures administratives.

Bloqué en raison de sa position minoritaire à l'Assemblée nationale, le PQ reviendrait avec son projet de refonte de la loi 101, sans proposer cependant d'étendre ses dispositions aux cégeps.

Un gouvernement majoritaire péquiste adopterait aussi le projet de loi 60 pour mettre en place ses mesures visant la laïcité de l'État.

Le PQ mettrait sur pied un centre de recherche sur les crimes d'honneur et la lutte à l'intégrisme.

Tout comme Mme Marois, le ministre délégué aux Institutions démocratiques Bernard Drainville n'a pas pris d'engagement à déposer un projet de loi pour créer une citoyenneté québécoise, une promesse de la dernière campagne.

Lors d'un échange avec les journalistes précédant l'adoption de la plate-forme, M. Drainville a insisté sur la charte de la laïcité.

«Je trouve qu'avec la charte, on fait un grand pas en avant sur la définition d'une citoyenneté québécoise», a-t-il dit.

Sur le front de la souveraineté, le PQ propose de préparer un livre blanc sur l'avenir du Québec et maintient la possibilité de tenir un référendum sur la souveraineté «au moment où il sera jugé approprié».

Les péquistes veulent aussi moderniser la loi d'accès à l'information ainsi que la loi sur le lobbyisme.