NOUVELLES
08/03/2014 08:37 EST | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

Libye: un pétrolier battant pavillon nord-coréen menacé

Les autorités libyennes ont menacé samedi de recourir à la force contre un pétrolier battant pavillon nord-coréen qui mouille dans un port de l'est du pays pour charger une cargaison illégale, selon des responsables.

Des miliciens armés tentent depuis le matin d'exporter leur première cargaison de brut au port pétrolier d'Al-Sedra qu'ils bloquent depuis plusieurs mois.

Le vice-ministre de la Défense, Khaled al-Chérif, a déclaré à l'AFP qu'un "comité de crise" composé de membres du gouvernement et du Parlement avait donné un ultimatum au navire pour quitter les eaux territoriales libyennes.

"Si le navire n'obtempère pas, il sera bombardé par l'armée de l'air ou sera intercepté en mer par la marine", a averti M. Chérif.

Un député, membre de ce comité, a indiqué que l'ultimatum fixé pour 14H00 (12H00 GMT) avait expiré sans qu'aucune action concrète ne soit signalée.

Selon un membre du Comité d'énergie au Congrès général national (CGN, Parlement), "le pétrolier, Morning Glory, a amarré samedi à 04H00 (02H00 GMT) au port d'Al-Sedra" et les miliciens tentent d'y charger une cargaison de pétrole pour l'exporter "hors du cadre de l'Etat".

Le ministre de Pétrole par intérim Omar al-Chakmak a dénoncé un "acte de piraterie". "C'est une atteinte à la souveraineté nationale".

Depuis juillet 2013, des milices bloquent des sites pétroliers dans la région orientale de la Libye suspendant les exportations du brut et privant ainsi le pays de sa principale source de revenus.

Leur chef, Ibrahim Jodhrane, s'est même autoproclamé en août président du bureau politique de la Cyrénaïque et a annoncé la formation d'un gouvernement local.

Le gouvernement libyen avait menacé à plusieurs reprises de recourir à la force pour libérer les sites bloqués, sans toutefois passer à l'action. Il avait même menacé de bombarder tout bateau qui s'approcherait des ports pétroliers sans être lié par un contrat avec la Compagnie nationale de pétrole (NOC).

Le blocage des ports pétroliers a provoqué une chute de la production de pétrole à 250.000 barils/jour, contre près de 1,5 million b/j avant le début du mouvement de contestation.

Initialement, les protestataires aux ports libyens -des hommes lourdement armés- accusaient le gouvernement de corruption, évoquant des malversations sur les quantités de brut chargées sur les pétroliers.

Tout en réfutant ces accusations, le gouvernement central avait annoncé l'ouverture d'une enquête. Mais cette initiative n'a pas satisfait les protestataires qui ont rapidement affiché leurs véritables intentions en réclamant l'autonomie de leur région, la Cyrénaïque, dans le cadre d'un système fédéral.

Depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est confrontée à une forte instabilité politique, des tendances séparatistes et à des violences incontrôlées dans un contexte de prolifération des armes, qui rendent impossible son essor économique.

Les autorités de transition ne parviennent pas à former une police et une armée professionnelles et sont régulièrement la cible d'attaques notamment des ex-rebelles qui font la loi.

bra-ila/tp