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08/03/2014 01:24 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

La traite humaine, tristement d'actualité

Plus de 27 millions de personnes sont victimes de traite humaine à travers le monde, selon des données des Nations Unies.

De ce nombre, 75 % sont des femmes ou des jeunes filles. Travail forcé, prostitution, trafic d'organes, la traite est toujours un phénomène en pleine croissance dans le monde et constitue la troisième source de revenus du crime organisé, une industrie évaluée à environ 30 milliards de dollars chaque année.

« Quand j'ai commencé à m'intéresser au dossier au tournant du millénaire, on parlait de 1,2 million, maintenant on est de l'ordre du 30 millions de personnes qui seraient victimes de traite », se désole Louise Dionne, coordonnatrice du Comité d'action contre la traite humaine interne et internationale. Elle s'exprimait lors d'une conférence organisée vendredi par la CSN dans le cadre de la Journée internationale des femmes.

La traite humaine implique souvent le transport des personnes d'un pays ou d'une ville à l'autre. Les travailleurs migrants et domestiques sont donc particulièrement ciblés par les employeurs mal intentionnés.

Ceux-ci leur confisquent souvent leurs papiers afin de les empêcher de circuler de leur gré.

Selon Louise Dionne, les politiques canadiennes des dernières années visant à favoriser l'immigration temporaire ont rendu les migrants plus vulnérables à l'exploitation.

« Tous les travailleurs migrants temporaires ne sont pas des victimes de traite ni de travail forcé, mais on sait que les exploiteurs sont à l'affût des personnes vulnérables. Quand on a un contexte de migration où des gens ne peuvent pas faire valoir leurs droits, et bien ce sont autant de victimes potentielles pour les exploiteurs », souligne-t-elle.

Elle croit également que le Québec pourrait en faire plus pour protéger les personnes vulnérables, notamment en rendant plus accessible l'assurance-maladie et en légiférant sur les agences de placement.

Un reportage de Marie-France Abastado