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08/03/2014 04:35 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Formule 1 - 2014: révolution technologique et grand saut dans l'inconnu

La saison de Formule 1, qui débute le 16 mars à Melbourne par le Grand Prix d'Australie, se présente comme un grand saut dans l'inconnu et surtout une bagarre intense entre trois interprétations, française, allemande et italienne, du règlement technique 2014.

Les nouveaux V6 turbo doublement hybrides, truffés de technologie, vont révolutionner la catégorie-reine du sport automobile. La F1 est désormais en phase avec son époque, celle du respect de l'environnement et des économies d'énergie. Elle redevient aussi un laboratoire pour les voitures de demain, comme quand le turbo Renault a fait sa première apparition, en 1977.

Trois motoristes haut de gamme, Renault, Mercedes et Ferrari, ont répondu au défi lancé par la Fédération internationale de l'automobile (FIA): relancer l'intérêt de la F1, après quatre ans de monopole Red Bull, autour d'un moteur plus petit (1,6 l de cylindrée), turbocompressé et équipé de deux systèmes de récupération d'énergie, au freinage et à l'échappement.

C'est d'abord un challenge technique qui a dû être relevé par les ingénieurs des 11 écuries rescapées de la crise économique: concevoir et construire de nouvelles monoplaces capables de fonctionner aussi bien, voire mieux, et de rouler aussi vite, malgré des contraintes énormes: plus de risques de surchauffe, moins d'appui aérodynamique, moins d'énergie à consommer.

Comme si cela ne suffisait pas, le recours à des pilotes payants, prêts à compenser leur manque d'expérience par une valise remplie de dollars, a fait tache d'huile. La preuve, un Vénézuélien qui n'a marqué qu'un seul point en 2013, Pastor Maldonado, finissant 18e du championnat pilotes, a été promu en 2014 chez Lotus, l'une des quatre écuries de pointe.

- Mercedes a la cote -

Les essais hivernaux, à Jerez (Espagne) et Bahreïn, ont permis de roder les nouvelles monoplaces, affublées pour certaines d'un museau de fourmilier (Ferrari) ou de nasique (Toro Rosso), pour cause de nouvelle réglementation technique. Lotus a été plus créatif, avec un nez asymétrique, en forme de diapason, pour contourner la difficulté... et faire parler les curieux.

Le principal enseignement d'une longue avant-saison compliquée, frustrante, c'est que personne n'est vraiment prêt. Pas même l'écurie Mercedes-AMG, qui fait pourtant figure de favorite, vu le nombre de tours bouclés (975) et le niveau des chronos, souvent les meilleurs, réalisés par Lewis Hamilton et Nico Rosberg.

L'autre leçon provisoire, c'est que Red Bull va démarrer avec un handicap chiffré à deux mois, à la louche, par le très sérieux Dr Helmut Marko, conseiller spécial de Dietrich Mateschitz, le roi de la boisson énergétique propriétaire de l'écurie tenante du titre. Et que tout le talent de Sebastian Vettel, quadruple champion du monde en titre, ne suffira peut-être pas à éviter de grosses désillusions au printemps.

- Une pensée pour Schumi -

Si la F1 était une science exacte, ça se saurait. Quant à la révolution technologique en cours, avec son cortège de pannes prévisibles, elle devrait produire de jolies surprises (Williams ?), pour le plus grand plaisir de millions de fans lassés d'assister à leurs frais, sur des chaînes cryptées, payantes, à des courses devenues défilés promotionnels de la société Red Bull, experte en marketing.

Pour faire remonter les audiences, en baisse de 10% en 2013, il y aura encore 22 pilotes de haut vol dont un revenant très populaire dans son pays, le Japonais Kamui Kobayashi (Caterham), et trois débutants: le Suédois Marcus Ericsson, aussi chez Caterham, le Russe Daniil Kvyat (Toro Rosso) et le Danois Kevin Magnussen (McLaren).

Il y aura toujours quatre Allemands (Vettel, Rosberg, Hülkenberg, Sutil), mais plus que trois Britanniques (Hamilton, Button, Chilton) et trois Français (Grosjean, Vergne, Bianchi), car les places sont de plus en plus chères au pinacle du sport automobile. Et il y aura encore deux Finlandais (Räikkönen et Bottas) et deux Mexicains (Pérez et Gutiérrez), comme en 2013.

Tous auront forcément une pensée, à Melbourne, pour leur glorieux aîné, Michael Schumacher. Le septuple champion du monde allemand aimerait bien sortir du coma, à l'hôpital de Grenoble, pour assister au coup d'envoi de cette saison 2014 qui pourrait sourire à Mercedes. La marque pour laquelle "Schumi" avait commencé, en endurance, et terminé, en F1, son illustre carrière de pilote.

dlo/ol/jcp