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08/03/2014 01:09 EST | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

Barrette affirme qu'il a voté Non en 1995, même si Drainville dit le contraire

LAVAL, Qc - Le candidat libéral Gaétan Barrette, ancien représentant des médecins spécialistes, a nié avoir voté Oui au référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec.

M. Barrette a affirmé samedi que sa famille avait voté pour que le Québec devienne indépendant mais qu'il avait lui-même opté pour le Non lors de la consultation.

Sur son fil Twitter, M. Barrette, qui se présente dans la circonscription de La Pinière, sur la rive-sud de Montréal, a ainsi riposté aux affirmations du ministre péquiste Bernard Drainville à ce sujet.

«Oui, je lui ai dit que ma famille a voté oui en 95. Pas moi! Et CAQ en 2012!», a-t-il écrit.

Pour expliquer sa position, M. Barrette a ajouté que «l'évolution mondiale ne va pas vers plus d'États mais bien vers plus de fédérations».

Après la publication de ce commentaire, le cabinet de M. Drainville a indiqué que le ministre maintient que M. Barrette a voté Oui, en 1995, même si le principal intéressé soutient le contraire.

En matinée samedi, en marge d'un conseil national où des militants du Parti québécois ont adopté la plate-forme électorale pour la campagne en cours, M. Drainville a expliqué qu'il avait obtenu cette confidence de M. Barrette lors d'une rencontre en 2012, avant la dernière campagne électorale.

«J'ai demandé: 'coudonc, es-tu souverainiste? Et il m'a répondu: j'ai voté Oui en 1995'», a-t-il dit.

Lors d'un point de presse, à Laval, M. Drainville a déclaré que M. Barrette avait sollicité par un intermédiaire cette rencontre pour discuter de la possibilité qu'il soit candidat pour le Parti québécois (PQ).

Selon le ministre péquiste, M. Barrette, qui a été candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), en 2012, avant de se joindre aux libéraux lors du présent scrutin, se «magasinait un job de ministre de la Santé».

M. Drainville a soutenu que la décision de M. Barrette, qui était alors président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), de se joindre à la CAQ, a démontré qu'il n'avait pas senti assez d'ouverture à ses exigences du côté du PQ.

«Il voulait être ministre de la Santé, il m'a dit à un moment donné: 'là, si je m'en vais chez vous, c'est pas pour être ministre de l'Agriculture', a-t-il dit en imitant la façon de parler du candidat libéral. Il voulait être ministre de la Santé, il n'a pas dû aimer la réponse qu'on lui a donné, parce qu'il a finalement choisi la CAQ.»

M. Drainville a tenu ces propos après la diffusion à Télé-Québec d'une entrevue de M. Barrette à l'émission «Deux hommes en or» au cours de laquelle il a soutenu avoir été sollicité par le PQ en 2012.

«En 2012 dans mon bureau j'ai eu la visite de Bernard Drainville et d'Agnès Maltais et le téléphone de Pauline Marois pour me demander d'être ministre de la Santé pour le Parti québécois», a-t-il dit.

M. Barrette a fait cette déclaration pour expliquer que son passage de la CAQ au Parti libéral du Québec ne devait pas alimenter le cynisme des électeurs envers la politique.

«Est-ce qu'il n'est pas normal de rechercher les meilleurs candidats possibles pour occuper une position X», a-t-il demandé en réponse aux questions de l'animateur.

À Laval, Mme Maltais a soutenu que M. Barrette avait avec elle aussi tenté de négocier un poste de ministre de la Santé.

«Je lui ai répondu que chez nous on n'achetait pas des ministères, on achetait un programme et des idées, a-t-elle dit. Il ne m'a jamais rappelée.»