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08/03/2014 08:07 EST | Actualisé 08/05/2014 05:12 EDT

Algérie: manifestation en hommage aux femmes assassinées par les islamistes

Plusieurs dizaines de personnes, essentiellement des femmes, ont manifesté samedi à Alger à l'occasion du 8 mars, brandissant de larges banderoles en hommage aux centaines de femmes assassinées par les islamistes dans les années 1990.

"Non à l'oubli de toutes ces femmes assassinées" pendant la guerre civile de 1992-2002, a déclaré à l'AFP Fadhéla Chitour, professeur de médecine et militante des droits de l'Homme.

"Le 8 mars n'est pas une fête où l'on offre des fleurs. Historiquement, c'est un jour de combat", a-t-elle ajouté.

Plusieurs associations avaient appelé à manifester "afin que nul n'oublie" et les participants ont arboré des portraits de femmes assassinées, sous l'oeil des policiers.

Les associations "réclament le statut de martyres pour toutes ces femmes assassinées", a déclaré Idriss Bendiab, de l'association Djazairouna.

Des manifestantes ont rappelé aux forces de l'ordre que la première femme victime des islamistes avait été Karima Belhadj, jeune dactylographe dans un commissariat, assassinée en avril 1993.

En 1999, des féministes avaient rebaptisé "place Karima Belhadj" la place de la Grande poste, où la manifestation s'est déroulée, mais le pouvoir lui avait rendu son premier nom après le succès la même année du référendum sur la Concorde civile.

"Pour nous, ici, c'est la place Karima Belhadj, n'en déplaise à ceux qui l'ont débaptisée", a lancé Karima, une enseignante.

Après l'annulation en janvier 1992 des résultats des législatives que le Front islamique du salut (FIS, dissous) était en passe de remporter, le pays s'était enfoncé dans une guerre civile qui a fait jusqu'à 200.000 morts, selon les estimations officielles.

Dans le cadre du programme officiel du 8 mars, une rencontre a réuni des femmes algériennes "sous le haut patronage du président Abdelaziz Bouteflika" à l'hôtel El Aurassi à Alger, selon l'agence APS.

Lors de cette rencontre, M. Bouteflika, qui brigue malgré ses soucis de santé un 4ème mandat en avril, a adressé un message aux Algériennes et appelé le gouvernement à engager une réflexion sur la création d'un fonds destiné aux femmes divorcées en charge d'enfants mineurs.

Le président, cité par l'APS, a ainsi évoqué les "difficultés rencontrées par certaines mères divorcées ayant obtenu la garde des enfants mineurs, pour le recouvrement de la pension alimentaire".

Bien qu'amendé en 2005, le code de la famille instauré en 1984 fait l'objet de vives critiques. Les féministes algériennes le qualifient de "code de l'infamie" parce qu'il confère un statut de mineure à la femme, en contradiction avec la Constitution.

amb/fcc