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07/03/2014 04:45 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Wall Street sans conviction entre emploi américain et tensions en Ukraine

Wall Street a terminé vendredi sur une note contrastée à l'issue d'une séance sans conviction, le S&P 500 et le Dow Jones profitant de bons chiffres sur l'emploi américain, mais la persistance des tensions en Ukraine freinant l'élan du marché.

Selon les résultats définitifs à la clôture, l'indice S&P 500 s'est hissé à un nouveau record en s'adjugeant 0,05% (+1,01 point) à 1.878,04 points.

Le Dow Jones Industrial Average s'est apprécié de 0,19% (+30,83 points) à 16.452,72 points, mais le Nasdaq, à dominante technologique, a cédé 0,37% (-15,90 points) à 4.336,22 points.

Avant de perdre de la vitesse, les indices ont démarré la séance en trombe dans le sillage de bons chiffres sur le marché du travail américain.

Les créations d'emplois ont en effet connu une hausse plus forte que prévu en février dans le pays (175.000 contre 163.000 attendu), selon le rapport mensuel officiel publié par le département du Travail.

Ce chiffre est de nature à rassurer le marché car "il signale que les Etats-Unis sont retournés sur le chemin d'une croissance modérée de l'emploi et que les indicateurs devraient s'améliorer une fois que les effets du mauvais temps commenceront à s'amenuiser", ont souligné les analystes de Barclays.

Les investisseurs craignaient en effet que les conditions particulièrement rigoureuses qui ont frappé cet hiver la majeure partie des Etats-Unis ne freinent durablement l'économie et soient à l'origine d'un rapport sur l'emploi décevant pour le troisième mois consécutif.

Mais cette bonne nouvelle s'est aussi accompagnée d'une nette remontée des taux sur le marché obligataire, "ce qui à court terme représente toujours un vent contraire pour les marchés d'actions", a souligné Gregori Volokhine, président de Meeschaert Financial Services.

De plus les investisseurs ont pu être gênés par certains chiffres du rapport, comme la hausse plus forte qu'attendu du salaire horaire moyen, selon le spécialiste.

"Cela peut refléter le début d'une progression soutenue de l'inflation et apporter ainsi à la banque centrale américaine des raisons supplémentaires pour accélérer le ralentissement de son soutien à l'économie", a-t-il expliqué.

Les acteurs du marché sont par ailleurs restés très attentifs à l'évolution de la situation en Ukraine.

Malgré d'intenses consultations depuis une semaine, Occidentaux et Russes n'ont pas réussi à trouver de porte de sortie pour la crise qui a éclaté fin février avec la prise de contrôle par des forces russes de la Crimée.

"Même si le conflit n'a pas encore éclaté, on a eu quelques déclarations tapageuses pendant la journée", a observé Gregori Volokhine. Juste avant le week-end, "ce n'était pas le meilleur jour pour prendre de nouvelles positions sur le marché", a-t-il ajouté en notant que le volume des échanges sur l'indice Dow Jones était de 20% inférieur à la moyenne des 30 derniers jours.

Le marché obligataire a reculé. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a progressé à 2,790% contre 2,730% jeudi soir et celui à 30 ans à 3,722% contre 3,674% à la précédente clôture.

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