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07/03/2014 04:29 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Ukraine: Fabius veut croire qu'il n'est pas trop tard pour la Crimée

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a estimé vendredi, qu'en dépit d'un regain de tension la veille, il n'était pas trop tard pour régler la crise née de l'intervention militaire russe en Crimée ukrainienne, qu'il dénonce comme une "manoeuvre" de Vladimir Poutine.

L'annexion de la Crimée par la Russie "n'est pas encore de fait", a déclaré M. Fabius sur la radio France Info, même si Moscou "contrôle" la péninsule et a des militaires sur place.

Aux questions +N'est-il pas trop tard? Le président russe Vladimir Poutine n'a-t-il pas gagné ?+, M. Fabius a répondu par la négative.

Après "une première salve de sanctions" décidée à Bruxelles jeudi par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne, le ministre a prévenu que "s''il n'y a pas des résultats très rapides, alors il y aura des nouvelles mesures en direction des responsables et des entreprises russes (gel d'avoirs, annulation ou refus de visas)".

M. Fabius n'a pas voulu se prononcer sur des sanctions contre M. Poutine en personne. "S'agissant d'un dirigeant d'un Etat, c'est une situation différente. En revanche pour le milieu proche, c'est tout à fait (une) possibilité si les Russes ne comprennent pas qu'il faut revenir à une relation internationale normale", a-t-il affirmé.

Le Parlement de Crimée a fait jeudi un pas de plus vers la partition de l'Ukraine en demandant à M. Poutine le rattachement de la péninsule à la Russie et en annonçant un référendum le 16 mars.

M. Fabius a relevé "un certain nombre de choses qui convergent": la présence de soldats russes en Crimée, l'annonce par le Premier ministre russe Dmitri Medvedev de la construction d'un pont entre la Russie et la Crimée, l'appel du Parlement de Crimée, une loi à la Douma (Parlement russe), et le texte et la date du referendum. "Tout cela fait qu'il y a bien évidemment une manoeuvre" de Vladimir Poutine, a dénoncé Laurent Fabius.

Si la Russie ne renonce pas, "on entre dans tout à fait autre chose, des conséquences graves relatives aux relations entre l'Europe et la Russie", a averti M. Fabius. "Cela veut dire que les relations économiques ne seraient pas du tout les mêmes et ce serait un coup très dur porté à la Russie, une puissance fragile sur le plan économique". "Nous n'en sommes pas là", a-t-il affirmé.

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