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07/03/2014 06:02 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Togo: l'opposition veut de véritables réformes avant la présidentielle de 2015

Au Togo, les principaux partis d'opposition font pression sur le pouvoir pour obtenir de véritables réformes politiques et la limitation de la durée du mandat du chef de l'Etat, à un an du prochain scrutin présidentiel.

Alors que le pouvoir propose que les pourparlerss e fassent sous forme de débats à l'Assemblée nationale, l'opposition souhaite qu'un dialogue s'instaure rapidement sur les questions réclamées de longue date, dans ce pays d'environ 6 millions d'habitants, l'un des plus petits d'Afrique.

"Nous voulons que la question de la limitation du mandat présidentiel soit définitivement réglée et que le scrutin uninominal à deux tours soit rétabli", a déclaré à l'AFP l'ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, président de l'Organisation pour bâtir dans l'union un Togo Solidaire (Obuts, opposition).

"Il devient urgent que le gouvernement ouvre un dialogue franc et sincère avec l'ensemble de l'opposition, afin de revisiter le cadre électoral et d'opérer toutes les réformes nécessaires pour revenir aux fondamentaux de la République", a-t-il ajouté

Pusieurs rassemblements populaires et des marches de protestation ont été organisés ces dernières semaines à Lomé et dans d'autres villes du pays pour réclamer l'adoption d'un nouveau code électoral et la limitation du nombre de mandats présidentiels, non prévue par la Constitution.

Ce n'est pas la première fois que le collectif "Sauvons le Togo" (CST) et la coalition Arc-en-ciel réclament de telles réformes.

Les deux principales formations d'opposition togolaises, dont les manifestations à Lomé ont souvent été réprimées à coup de gaz lacrymogène, avaient même menacé de boycotter les dernières élections législatives, qui se sont tenues en juillet, avant de parvenir in extremis à un accord avec le pouvoir.

Lors de pourpalers en juillet, l'opposition avait obtenu quelques concessions de la part du gouvernement, comme la libération de certains de ses membres emprisonnés dans l'affaire de l'incendie de deux grands marchés du pays, mais il n'a pas vraiment été question des réformes de fond.

Les promesses de réformes datent depuis un accord signé en 2006 par tous les acteurs politiques togolais, sous la médiation du président burkinabè Blaise Compaoré, suite aux violences post-électorales de 2005 qui avaient fait 400 à 500 morts, selon l'ONU.

- Possible troisième mandat -

Faure Gnassingbé, porté au pouvoir par l'armée à la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a gouverné le pays d'une main de fer pendant 38 ans, a remporté en 2005 et 2010 des scrutins présidentiels dont les résultats ont été contestés par l'opposition.

S'il n'a pas encore annoncé ses intentions pour la prochaine présidentielle, prévue au premier trimestre 2015, rien ne l'empêche dans la Constitution de briguer un troisième mandat.

L'opposition réclame également la recomposition de la Cour constitutionnelle et de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), chargée d'organiser les élections.

Le chef de file de l'opposition Jean Pierre Fabre, qui a rejoint le CST, a adressé mi-février un courrier à M. Gnassingbé, l'invitant à "ouvrir rapidement" des discussions avec l'opposition.

Mais fort de sa majorité parlementaire - l'Union pour la République (UNIR, au pouvoir) a obtenu 62 sièges sur 91 lors des élections législatives en juillet -, le président a invité l'opposition à débattre de ces réformes à l'Assemblée nationale.

M. Fabre, qui s'est entretenu avec M. Gnassingbé, pour la première fois depuis 2010, mercredi au Palais présidentiel pendant une demi-heure, sait que ces réformes n'ont aucune chance de passer devant un parlement acquis au pouvoir.

"Les réformes constitutionnelles et institutionnelles nécessaires à l'organisation d'élections équitables, transparentes et démocratiques dans notre pays ne peuvent pas s'opérer à l'Assemblée nationale. Et nous l'avons clairement signifié au chef de l'Etat", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le 13 mars, tous les partis politiques représentés au sein au parlement doivent se retrouver autour du Premier ministre Séléagodji Ahoomey-Zunu pour une première rencontre, afin de définir le cadre des discussions.

Ek-cdc/hm