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07/03/2014 04:50 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Le film <em>Maïna</em>, tiré du roman de Dominique Demers, présenté en première à Kuujjuaq

Événement rare dans le monde du cinéma. La première canadienne d'un film n'a pas eu lieu à Montréal ou à Toronto, mais à Kuujjuaq dans le Grand-Nord québécois.

Le long métrage Maïna, tiré du roman de Dominique Demers, réalisé par Michel Poulette et tourné en partie au Nunavik, a été présenté pour la première fois jeudi à Kuujjuaq.

Le réalisateur et l'auteure ont fait le voyage pour assister à cet événement important dans cette communauté inuite de 2000 habitants. Pour l'occasion, des centaines de Kuujjuamiuts s'étaient déplacés au centre communautaire.

Le film raconte l'histoire d'une jeune Innue, Maïna, qui est enlevée par les Inuits. Récit d'aventure, histoire d'amour, il s'agit aussi du portrait fictif de la première rencontre entre les Innus et les Inuits il y a 600 ans, rencontre qui provoque méfiance et incompréhension.

« Je l'ai fait parce que je trouvais ça intéressant, ça me parlait, le thème de l'autre et la peur de l'autre », explique Michel Poulette, à qui l'on doit Louis 19, Le roi des ondes et La Conciergerie.

Pour la première fois, les Innus et les Inuits sont montrés ensemble dans un film.

« Ce que je trouvais intéressant, c'est de sortir des clichés qu'on a sur les Premières Nations et sur les Inuits, essayer de les voir dans le quotidien », poursuit le réalisateur.

La plupart des membres de la distribution sont issus des Premières Nations. Le rôle de Maïna est joué par une Crie de l'Alberta, Roseanne Supernault. Des acteurs plus connus comme Graham Greene (Il danse avec les loups) et Natar Ungalaaq (Atanarjuat) sont également de l'aventure. D'ailleurs, même s'il est inuit, Natar Ungalaaq a dû apprendre le dialecte parlé dans le Nord québécois.

Une vitrine pour les communautés inuites

Le film aura à trouver son public au sud, mais il a plu à l'auditoire dans le nord. Des sociétés d'investissement innues et inuites ont investi 4 millions de dollars dans le film, qui a coûté 8,5 millions en tout. Ils ont voulu créer de l'emploi et chercher à provoquer un engouement touristique pour leur région.

« Avec cette expérience-là, on espère qu'il va y avoir de plus en plus de gens qui vont prendre cette chance et venir ici à Kuujjuaq », explique le maire Tunu Napartuk.

Le maire de Kuujjuaq a également tenu à faire visiter sa ville aux journalistes pour une raison moins glorieuse : le logement. Même si ce village, où les deux tiers des habitants ont moins de 35 ans, s'en sort mieux que d'autres, il souffre toujours d'un manque important de logements décents.

La bande-annonce du film :

Avec les informations de Maxence Bilodeau