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07/03/2014 11:51 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Jour 3: Huit nouvelles candidatures féminines au PQ et stratégie maritime au PLQ

QUÉBEC - Le Parti québécois a multiplié les candidatures féminines de prestige, en cette veille de la journée internationale des femmes et troisième jour de campagne électorale, vendredi, tandis que le Parti libéral du Québec a exposé sa stratégie maritime et la Coalition avenir Québec a fait la promotion de sa charte des contribuables.

La chef péquiste Pauline Marois a confirmé vendredi l'ajout de huit nouvelles candidatures féminines dans son équipe, dont certaines figureront sur la liste des vedettes du parti.

L'ex-militante étudiante Martine Desjardins, figure de proue du mouvement étudiant du printemps 2012, portera les couleurs du PQ dans la circonscription caquiste de Groulx, tandis que l'ancienne présidente de l'Ordre des infirmières, Gyslaine Desrosiers, sera candidate dans Blainville. La présidente de l'Ordre des pharmaciens, Diane Lamarre, sera candidate dans Taillon, une forteresse péquiste laissée la veille par la ministre Marie Malavoy. Enfin, l'auteure de «Ma vie à contre-Coran» et militante pour la laïcité Djemila Benhabib se présentera dans Mille-Îles, circonscription libérale de Laval. En 2012, elle avait mordu la poussière dans Trois-Rivières.

Trois autres femmes dont l'activité professionnelle est reliée aux communautés culturelles de Montréal vont relever un défi de taille dans autant de bastions libéraux: Yasmina Chouakri, dans Anjou-Louis-Riel, Leila Mahiout, dans Bourassa-Sauvé, et Évelyne Abitbol, ancienne attachée de presse de Lucien Bouchard quand il dirigeait le Bloc québécois, dans Acadie.

Enfin, la directrice générale du Zoo de Granby, Joanne Lalumière, se présente pour le PQ dans Granby, un comté caquiste.

Par ailleurs, lors d'un rassemblement militant dans la circonscription montréalaise de Laurier-Dorion, vendredi soir, Mme Marois a exprimé le souhait que les deux députés de Québec solidaire, Amir Khadir, dans Mercier, et Françoise David, dans Gouin, finissent par se rallier au PQ.

Mme Marois a estimé que la lutte s'annonçait difficile pour son parti dans Mercier et Gouin, où Sylvie Legault et Louise Mailloux porteront les couleurs péquistes.

«C'est sûr que la bataille, elle va être rude dans les deux circonscriptions qui sont actuellement détenues par des députés de Québec solidaire. Et vous avez raison qu'on doit les interpeller pour qu'ils puissent peut-être se joindre éventuellement, progressivement à nous, parce qu'il y a un grand parti qui peut faire avancer le Québec vers la souveraineté, qui peut la réaliser et ça reste ce grand parti, le Parti québécois», a-t-elle dit.

Le PQ tient son conseil national samedi à Laval pour le lancement officiel de sa campagne et la publication de sa plateforme électorale. D'autres candidats seront annoncés.

Pendant ce temps, à Lévis, sur les bords du fleuve, avec en fond de scène un décor de carte postale mettant en vedette le Château Frontenac, le chef libéral Philippe Couillard a rendu publique pour la deuxième fois sa stratégie maritime, au cours d'un point de presse en plein air, malgré un froid sibérien de -20 degrés.

Il a fait miroiter des investissements de plus de 7 milliards $ et 30 000 emplois sur 15 ans, si ce projet, qui s'apparente étrangement au Projet Saint-Laurent lancé par le chef caquiste François Legault, fonctionne.

Le projet libéral vise à stimuler le transport fluvial, encourager les chantiers maritimes, améliorer les services de traversiers, augmenter l'offre touristique et mieux soutenir l'industrie de la pêche et de l'exportation des produits de la mer.

Il reste à savoir si Ottawa, principal maître-d'oeuvre des infrastructures portuaires au pays, sera d'accord pour aller en ce sens et acquitter une partie de la facture.

L'équipe libérale s'est enrichie de deux nouvelles candidatures: la mairesse de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, Marie-Claude Nichols, dans Vaudreuil, où elle devrait pouvoir succéder sans difficulté à Yvon Marcoux, et le directeur général de l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec depuis 10 ans, David Birnbaum, qui prend la relève de Lawrence Bergman, âgé de 73 ans, dans D'arcy-McGee.

De son côté, le chef de la CAQ, François Legault, s'en est tenu à son thème principal de la campagne électorale: la défense des contribuables.

Après la charte des droits, la charte de la langue française et la charte de la laïcité, les Québécois auraient donc droit à une «charte des contribuables», si la CAQ prend le pouvoir le 7 avril. Cette charte viserait à limiter les hausses de tarifs à l'augmentation du coût de la vie.

Le chef caquiste s'est en outre engagé à couper de moitié la hausse des tarifs d'électricité de 4,3 pour cent, acceptée la veille par la Régie de l'énergie.

Toutes ces promesses électorales surviennent au moment où on apprend que le taux de chômage a augmenté au Québec en février, passant à 7,8 pour cent, en hausse de 0,3 point de pourcentage. Les pertes d'emplois se sont chiffrées à 26 000 en février.

La chef péquiste a tenté de minimiser l'importance de ces pertes, qu'elle attribue à la volatilité des données mensuelles sur l'emploi.

«C'est un mois, une image dans le temps qui, je suis persuadée avec nos politiques économiques qui ont déjà commencé à porter fruit, vont corriger la situation en moyenne période», a-t-elle dit.

Le gouvernement de Mme Marois a dévoilé l'automne dernier des politiques économiques dont l'objectif est d'ajouter 44 000 emplois en trois ans à ceux qui se créeront, pour un total de 125 000 nouveaux postes.

Vendredi, Mme Marois a dévoilé ses propres perspectives en fixant son objectif à 172 000 emplois durant la même période.

À la veille du 8 mars, la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a critiqué le gouvernement péquiste sortant, qui dit se battre pour l'égalité des femmes, sans pour autant augmenter les sommes octroyées aux services communautaires destinés aux femmes.