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07/03/2014 05:19 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Frapper les débris spatiaux avec des rayons laser pour qu'ils se consument

Des scientifiques australiens veulent frapper les débris spatiaux, potentiellement très dangereux, avec des rayons laser depuis la Terre pour les obliger à ralentir et à tomber dans l'atmosphère, où il se consumeront, ont-ils annoncé vendredi.

"Nous voulons nettoyer l'espace pour éviter le risque croissant de collisions et éviter le type d'événements relatés dans le film +Gravity+", a déclaré Matthew Colless, responsable du centre de recherche d'astronomie et d'astrophysique à l'université nationale d'Australie.

Un nouveau centre de recherche, dit de coopération sur la gestion de l'environnement dans l'espace, va démarrer ses travaux mi-2014 pour traquer les débris les plus petits et prévoir leur trajectoire, grâce à l'observatoire du Mount Stromlo, à Canberra.

Le but ultime est de détourner ces débris (satellites morts, étages de fusée largués...) de leur trajectoire en les frappant avec des lasers depuis la Terre, les obligeant ainsi à ralentir et à tomber dans l'atmosphère, où ils brûleront.

Le centre de recherche travaillera en coopération avec Lockheed Martin, la NASA, l'Institut national japonais de technologie de l'information et des communications, l'université technologique de Melbourne (RMIT) et la firme de télécom Optus.

"Il y a déjà tellement de débris qu'ils entrent en collision les uns avec les autres", a déclaré le responsable du centre, Ben Greene. "Une avalanche catastrophique de collisions qui détruiraient rapidement tous les satellites est désormais possible".

Plus de 23.000 débris de plus de 10 cm sont actuellement recensés par la Nasa ou l'Agence spatiale européenne (ESA), dont la majorité sur les orbites basses (en dessous de 2.000 km) utilisées par les satellites d'observation de la Terre ou la Station spatiale internationale (ISS).

Quant aux objets compris entre 1cm et 10 cm, ils se comptent par centaines de milliers. Des fragments de taille apparemment inoffensive mais qui, lancés à une vitesse moyenne de 25.000 km/h, peuvent sérieusement endommager un satellite, soulignent les spécialistes.

Les agences spatiales et scientifiques cherchent une solution pour dévier la trajectoire de ces débris vers l'atmosphère: bras robot, pince géante, moteur fixé sur le débris, harpon ou filet de remorquage, voire un canon à ions bombardant l'objet pour infléchir sa course.

Mais dans le meilleur des cas, ces "missions de nettoyage" ne rentreront pas en service avant une dizaine d'années.

Les chercheurs de l'agence spatiale japonaise (Jaxa) testent actuellement la méthode de "la corde nettoyeuse": attacher "une longe électrodynamique", en gros une "corde" tressée de filins d'acier inoxydable et d'aluminium, à l'un des milliers de débris pour les attirer magnétiquement dans l'atmosphère.

Dans "Gravity", un des grands succès publics de ces derniers mois, deux astronautes sont perdus dans le vide intersidéral après la collision entre leur station et des débris de satellites.

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