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07/03/2014 11:06 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Femmes dans l'Eglise: la présidente du "Comité de la jupe" attend François aux actes

La présidente du "Comité de la jupe" Anne Soupa a exprimé vendredi un mélange de déception et d'espoir sur les prises de position du pape François concernant les femmes dans l'Eglise, dans une interview à l'agence spécialisée sur le Vatican I.Media.

"Dire que les femmes ont besoin d'être +valorisées+ laisse entendre -encore- que l'Eglise +se penche+ sur ces pauvres femmes! Quand les yeux s'ouvriront-ils pour voir que c'est l'Eglise toute entière qui souffre de leur exclusion? Entre autres méfaits, elle contraint les hommes à vivre +entre mêmes+, ce dont d'ailleurs, beaucoup se plaignent", relève la Française qui préside ce mouvement catholique fondé en 2009 pour une meilleure reconnaissance des femmes.

François a prôné d'"élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive (....) dans les divers lieux où sont prises des décisions importantes". "C'est avec soulagement et plaisir" que Mme Soupa dit avoir pris connaissance de ces propos.

A la veille de la Journée mondiale de la femme, la catholique française ironise encore sur "l'évidence tranquille que les hommes sont la norme et les femmes une espèce différente sur laquelle il faudrait statuer!"

L'Eglise n'a pas à "reconnaître l'apport des femmes. Les femmes sont la moitié de l'humanité. Dans la maison-Eglise, elles sont chez elles, elles ne sont pas les invitées d'un club masculin", s'indigne-t-elle.

Questionnée sur les compliments faits par François au génie féminin, Mme Soupa observe que "trop complimenter est une manière de rendre la cage plus dorée pour que l'oiseau l'oublie". "Plus l'injustice faite aux femmes devient évidente, plus le discours magistériel devient louangeur".

"Dans l'Eglise, les femmes sont l'équivalent de personnes privées de droits civiques (...) Elles n'assurent pas la cure d'âmes, évangélisent sans autorité ni titre reconnus, sont inaptes aux homélies, ne délivrent pas de sacrements, ne gouvernent pas, n'ont aucune contribution doctrinale et n'élisent pas le pape. Les femmes peuplent l'Eglise mais y sont les petites mains. Et ce ne sont pas quelques nominations cosmétiques qui effaceront ce scandale", affirme encore Mme Soupa à l'agence I.Media.

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