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06/03/2014 11:48 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Westgate: "nous ne tuons ni les jeunes enfants ni les femmes", a dit un membre du commando (témoin)

Un membre du commando islamiste qui a massacré au moins 67 personnes, mi-septembre au centre commercial Westgate de Nairobi, s'est écrié que ses complices ne tueraient ni femme ni enfant, juste avant que l'un d'eux ne fasse le contraire, a raconté jeudi un témoin.

Geoffrey Kotia, qui le jour de l'attaque surveillait une aire de jeux pendant un concours de cuisine pour enfants organisé sur le parking extérieur du 2e étage du centre commercial, a témoigné jeudi au procès de quatre hommes jugés depuis le 15 janvier pour "soutien à un groupe terroriste", accusés d'avoir apporté une aide logistique au commando.

Deux des membres du commando - suspecté d'avoir été formé de quatre personne seulement - ont accédé au centre commercial par la rampe d'accès du parking en tirant et semant la panique, poussant les personnes présentes, dont de nombreuses femmes et enfants à s'allonger sur le sol.

"L'un des deux a dit: +nous, moudjahidine, nous ne tuons ni les jeunes enfants ni les femmes+ et a demandé aux femmes et aux enfants de se lever. Certains l'ont fait, alors l'autre a dit +mais vous avez tué nos femmes et nos enfants en Somalie, pourquoi épargner les vôtres?+ Et là les tirs ont repris", a raconté Geoffrey Kotia.

L'un des assaillants a alors lancé à leurs victimes terrifiées: "maintenant, appelez (le président kényan) Uhuru Kenyatta pour qu'il vienne vous sauver", a-t-il poursuivi.

Les islamistes somaliens shebab ont revendiqué l'attaque du Westgate, expliquant qu'il s'agissait de représailles à l'intervention militaire kényane contre eux dans le sud somalien. Le contingent kényan, désormais intégré à la Force de l'Union africaine (UA) a notamment pris en 2012 Kismayo, un bastion shebab crucial pour leur financement.

Les quatre membres du commando sont présumés avoir été tués par les forces kényanes de sécurité quand elles ont repris le contrôle du centre commercial.

Les audiences n'ont pour l'heure pas permis d'établir un lien entre les quatre accusés - qui ont tous plaidé non coupable - et l'attaque.

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