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06/03/2014 06:03 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Washington demande à Moscou de laisser entrer des observateurs en Crimée

Les Etats-Unis ont demandé jeudi à Moscou de faciliter l'entrée d'observateurs internationaux en Crimée et ont dénoncé le référendum prévu en Crimée sur le rattachement à la Russie, à l'issue d'une nouvelle réunion infructueuse du Conseil de sécurité de l'ONU.

"Nous demandons à la Russie de laisser entrer des observateurs de l'OSCE et de l'ONU dans toute l'Ukraine, y compris en Crimée", a déclaré à la presse l'ambassadrice américaine Samantha Power au sortir de cette réunion de deux heures à huis clos.

"La Russie devrait user de son autorité pour assurer un accès et la sécurité" de ces observateurs.

Quarante observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont dû rebrousser chemin jeudi après avoir été empêchés par des hommes armés d'entrer en Crimée, contrôlée depuis le 28 février par des forces russes.

Mme Power a aussi réaffirmé que Washington considérait comme "illégal aux termes de la constitution ukrainienne" le référendum que veulent organiser le 16 mars les autorités régionales de la Crimée et "ne reconnaitrait pas le résultat" de ce scrutin.

Les électeurs de la Crimée, une péninsule de deux millions d'habitants à majorité russophone stratégique pour Moscou, auront alors le choix entre un rattachement à la Russie ou une autonomie renforcée.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a lui aussi estimé que ce référendum "serait clairement illégal" ajoutant que c'était l'avis "de nombreux membres du Conseil".

Interrogé à ce sujet, l'ambassadeur russe Vitaly Tchourkine a affirmé que la Russie était "un observateur" dans ce débat mais qu'elle "devra prendre position".

Il a rejeté l'idée que les hommes armés qui ont menacé mercredi l'émissaire de l'ONU Robert Serry, l'obligeant à interrompre sa visite en Crimée, aient pu être russes car ils étaient dépenaillés et "patibulaires" selon les descriptions de témoins de l'incident. "Cela ne ressemble pas à des soldats russes", a-t-il estimé.

Les ambassadeurs du Conseil ont évoqué cet incident et entendu un compte-rendu de sa mission par le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson, actuellement à Kiev. M. Eliasson doit quitter prochainement la région ainsi que M. Serry, tandis que le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des droits de l'homme Ivan Simonovic est arrivé jeudi soir à Kiev.

Il s'agissait de la quatrième réunion du Conseil sur l'Ukraine depuis vendredi dernier. Les 15 pays membres n'ont toujours pas réussi à publier une déclaration commune sur ce dossier, la Russie pouvant bloquer toute tentative en usant de son droit de veto.

Mark Lyall Grant a défendu l'utilité de ces discussions, mais il a reconnu qu'il était "peu probable que le Conseil se mette d'accord dans les prochains jours". Londres, a-t-il cependant averti, "n'exclut pas de présenter un projet de résolution" et le Conseil devrait se réunir à nouveau prochainement.

Mme Power a pour sa part fait valoir que ces réunions à répétition avaient au moins le mérite de rendre évident "l'isolement de la Russie".

avz/rap