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06/03/2014 08:23 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Ukraine : les observateurs de l'OSCE bloqués par des hommes armés à leur entrée en Crimée (source diplomatique occidentale)

Les 40 observateurs de l'OSCE, venus en Ukraine à la demande du nouveau pouvoir ukrainien, ont été empêchés d'entrer en Crimée par des hommes armés, a indiqué à l'AFP une source diplomatique occidentale.

"Ils ont été empêchés d'entrer par deux groupes d'hommes armés, très professionnels", a déclaré cette source, précisant que les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe sont bloqués depuis 13H00 locales (11H00 GMT) à un barrage sur la route d'accès à cette région du Sud de l'Ukraine contrôlée par des forces russes.

"Ils sont bloqués mais ils ne font pas demi-tour", a souligné cette source.

Ces 40 observateurs, des militaires non armés, provenant de 21 pays membres de l'OSCE, répondaient à une demande de l'Ukraine et leur mission en Crimée est prévue jusqu'au 12 mars.

"Ce sont des observateurs militaires mais non armés. Ils ne partent pas en tant que soldats", avait précisé mercredi un porte-parole de l'OSCE. Ils interviennent dans le cadre du Document de Vienne, adopté en 1990 et révisé pour la dernière fois en 2011, dont l'Article III est activé pour la première fois avec cette mission.

Le Document de Vienne encourage notamment les pays membres de l'OSCE à inviter d'autres Etats membres à observer certaines activités militaires ou encore à accepter jusqu'à trois inspections de leurs sites militaires par an, les parties les plus sensibles étant exclues.

Il prévoit aussi des consultations et des coopérations "en cas d'activités militaires inhabituelles ou de tensions accrues". Il permet aux Etats d'accueillir des missions militaires "afin de dissiper des inquiétudes", selon le document, ratifié par les 57 Etats membres de l'OSCE.

Mercredi, l'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, avait dû mettre fin brutalement à sa mission après avoir été menacé à Simféropol par des hommes armés. Selon l'ONU, M. Serry doit revenir à Kiev.

La Crimée, péninsule russophone du Sud de l'ex-république soviétique, est contrôlée de facto depuis le 28 février par des soldats armés en uniformes identifiés par la population et les journalistes sur place comme appartenant aux forces russes.

Moscou dément son implication et parle de groupes "d'autodéfense" organisés par une population majoritairement d'origine russe qui se sent menacée par les nouvelles autorités pro-européennes de Kiev.

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