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06/03/2014 10:40 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Ukraine : le gouverneur de Donetsk tance la police après l'occupation de son administration

Le nouveau gouverneur de la région de Donetsk, fief russophone dans l'est de l'Ukraine, a tancé jeudi la police, accusée d'avoir par sa démobilisation laissé des séparatistes pro-russes occuper pendant plusieurs jours son administration.

Signe de la volonté des autorités de reprendre la main face aux appels au séparatisme, les forces de l'ordre ont également mis derrière les barreaux le leader des partisans d'un rattachement de cette région minière à la Russie.

Une centaine de leurs représentants avaient pris le contrôle lundi de plusieurs étages du bâtiment et hissé le drapeau russe à la place de l'étendard jaune et bleu ukrainien.

Au petit matin, les forces de l'ordre ont fini par les déloger, interpellant 75 personnes, ce qui n'a pas empêché quelques heures plus tard le gouverneur Serguiï Tarouta de les tancer vertement.

"La prise du bâtiment de l'administration régionale a été rendue possible par le fait que les principaux responsables de l'ordre public dans la région n'ont pas su réagir de manière adéquate", a-t-il déclaré après une rencontre avec les chefs de la diplomatie suédoise et danoise, Carl Bildt et Martin Lidegaard.

"La police était démobilisée. Et qui donne les ordres? Le commandant", a-t-il ajouté, annonçant un prochain remplacement des responsables de la police et du service de sécurité.

Influent homme d'affaires local, Serguiï Tarouta a été nommé la semaine dernière à la tête de la région de Donetsk, fief électoral du président Viktor Ianoukovitch qui a fui vers la Russie, à seulement quelques dizaines de kilomètres de là.

Cette zone industrielle craint tout particulièrement les conséquences d'une détérioration des relations avec Moscou sur son économie.

Les opposants au nouveau pouvoir pro-européen à Kiev, qui réunissent plusieurs centaines de personnes tous les jours devant l'administration locale, avaient pris le contrôle des étages inférieurs des lieux lundi.

Les autorités en avaient déjà repris le contrôle, l'évacuant au motif d'une alerte à la bombe, avant d'être débordées quelques heures plus tard par un nouvel assaut des manifestants.

A chaque fois qu'ils ont pris ou repris les lieux, qui abritent le bureau du gouverneur, les pro-russes y avaient hissé des drapeaux russes à la place des ukrainiens. Ils ont nommé leur propre "gouverneur", Pavel Goubarev, refusant l'autorité de M. Tarouta.

Mais les forces de sécurité se sont rendues jeudi après-midi au domicile de M. Goubarev pour l'interpeller. Des poursuites avaient été engagées la veille contre lui par le parquet général pour "atteinte à l'intégrité territoriale". Il encourt jusqu'à dix ans de prison.

Quelques heures plus tôt, à 05H00 locales (03H00 GMT), la police avait délogé les manifestants de l'administration. L'assaut s'est déroulé dans le calme, a indiqué à la presse le responsable de la police locale, Maxime Kirindiatov.

"Nous n'avons pas rencontré de résistance, il ne nous a fallu que quelques minutes pour libérer les lieux", a-t-il expliqué.

Jeudi après-midi, plus de 200 manifestants, brandissant des pancartes "Pour l'Union soviétique!", se trouvaient devant le bâtiment, cernée par un cordon de forces de l'ordre et dont l'entrée était bloquée par des camions de police.

Parallèlement, les partisans de l'intégrité territoriale de l'ex-république soviétique ont réuni 10.000 personnes mercredi soir sur la place Lénine.

A la fin du rassemblement, une bagarre générale a opposé des dizaines de partisans des deux camps, séparés ensuite par la police.

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