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06/03/2014 08:52 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Soudan: un journal autorisé à reparaître près de 2 ans après sa suspension

La Cour constitutionnelle soudanaise a annulé une décision des services de la Sûreté de l'Etat qui avaient ordonné la suspension d'un important quotidien il y a presque deux ans, a annoncé le rédacteur en chef jeudi.

Dans une autre décision jeudi, le Conseil de la presse du Soudan a informé le journal du Parti communiste, Al-Midan, qu'il pouvait reprendre sa parution papier, a indiqué son rédacteur en chef à l'AFP.

La Sûreté d'Etat n'avait pas officiellement interdit ce tri-hebdomadaire, mais, selon ses employés, des agents de la Sûreté avaient empêché sa parution à répétition, le poussant à cesser toute impression il y a près de deux ans et à ne plus paraître que sur internet.

Cependant, le jour même, le Service national de renseignement et de sécurité a saisi les éditions de trois autres journaux, selon une organisation de défense des journalistes.

La décision prise mercredi par la Cour constitutionnelle d'autoriser Al-Tayar est une "victoire pour la liberté de la presse et la liberté de la justice" au Soudan, s'est réjouit Osman Mirghani, rédacteur en chef de cet important quotidien.

"Il a été décidé que l'interdiction de notre journal était illégale, et la décision des services de la Sûreté a été annulée, ce qui nous permet de reprendre notre publication" sous peu, a indiqué M. Mirghani à l'AFP.

La Sûreté avait ordonné la fermeture illimitée d'Al-Tayar le 11 juin 2012.

"C'est la première fois que la Cour constitutionnelle annule une décision des services de la Sûreté au sujet d'un journal", a souligné M. Mirghani.

L'organisation Journalistes pour les Droits de l'Homme a indiqué mercredi que les éditions de trois journaux, dont le titre anglophone The Citizen, avaient été saisis. Trois autres titres avaient déjà été confisqués cette semaine.

Le président soudanais Omar el-Béchir avait appelé de ses voeux en janvier une "renaissance" politique et économique au Soudan, dévasté par des insurrections armées, et une pauvreté grandissante.

Il avait alors déclaré que "la liberté du peuple doit être respectée", sans annoncer d'initiative précise. Le Soudan est un des pays où la presse est la moins libre, selon les classements internationaux.

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