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06/03/2014 08:32 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

La BCE laisse ses taux inchangés sur fond de stabilisation de l'inflation

La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu jeudi son principal taux d'intérêt directeur inchangé, au niveau historiquement bas de 0,25%, au cours de sa réunion mensuelle de politique monétaire, a annoncé un porte-parole.

Cette décision était largement attendue par les analystes, face à la stabilisation de l'inflation au mois de févier dans la zone euro tandis que la croissance s'affermit quelque peu. Le PIB de la zone a augmenté de 0,3% au dernier trimestre 2013, et les derniers indicateurs suggèrent une tendance à l'amélioration.

A 0,8%, la hausse des prix reste toutefois largement inférieure à l'objectif de la BCE de la maintenir proche de 2% à moyen terme, une situation jugée inconfortable par son président Mario Draghi si elle se prolonge trop longtemps.

Les analystes vont désormais guetter les propos de M. Draghi pendant sa conférence de presse à partir de 13H30 GMT, alors qu'il a promis à maintes reprises de faire ce qu'il faudrait pour aider la région à ne pas retomber dans l'ornière

Certains s'attendent à ce qu'il tienne parole et annonce certaines mesures de soutien.

"Il semble improbable que M. Draghi ferme la porte à une action supplémentaire. Non seulement la croissance reste très molle mais l'euro fort constitue une menace évidente pour la reprise tandis que les liquidités dans le secteur bancaire ont continué à reculer", a commenté Jonathan Loynes, chef économiste Europe chez Capital Economics, qui avait parié sur une baisse de taux.

Position d'attente

"Nous continuons de penser qu'"une action de la BCE est nécessaire pour sécuriser la croissance de la région et lever les risques d'une déflation qui serait dommageable", ajoute-t-il.

Ecomistes et marchés tablent sur une annonce dès ce jeudi visant à augmenter les liquidités en circulation, comme l'arrêt de la "stérilisation" des achats de dette publique opérés dans le cadre du programme SMP entre 2010 et 2012. Cette stérilisation, qui consiste à inciter les banques à déposer des liquidités sur un dépôt hebdomadaire, doit éviter un surplus de liquidités sur le marché et donc une menace inflationniste.

La BCE pourrait aussi lancer un nouveau prêt à long terme (LTRO) en faveur des banques, pour encourager le crédit au secteur privé qui peine à redécoller.

Quant à l'éventualité d'un assouplissement quantitatif (quantitative easing), c'est-à- dire l'achat d'actifs financiers, "c'est une politique trop controversée au sein du conseil des gouverneurs (de la BCE) pour qu'elle soit adoptée", selon Howard Archer, chef économiste Europe chez IHS.

"M. Draghi sera très hésitant à lancer des mesures non conventionnelles tant qu'il n'y aura pas de détérioration manifeste des fondamentaux", renchérit Sascha Milovanovski, gestionnaire de portefeuilles de titres pour la banque d'affaires Kempen.

La BCE doit par ailleurs actualiser, comme chaque trimestre, ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2014 et 2015 et donnera celles pour 2016, se risquant pour la première fois à des projections à deux ans.

Ces chiffres donneront des indices sur son action future. Ainsi s'il s'avère que l'inflation pour 2016 est attendue autour de 1,7%, "le conseil des gouverneurs pourrait l'interpréter comme un retour progressif au seuil de 2%" et sera conforté dans sa position d'attente, estime Cédric Thellier, de Natixis.

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