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06/03/2014 11:40 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Jour 2: La CAQ s'attaque aux finances publiques, le PLQ à la création d'emplois

QUÉBEC - Le second jour de campagne électorale a démarré en lion, tôt jeudi matin, avec l'engagement de François Legault de faire le ménage dans les finances publiques et la promesse de Philippe Couillard de créer 250 000 emplois.

Quant à la chef péquiste Pauline Marois, elle a dû rajuster le tir dans ses relations avec les médias.

Sur le plan des engagements économiques, le chef libéral Philippe Couillard s'inscrit en droite ligne de son prédécesseur, Jean Charest, qui lui aussi, en 2012, promettait de créer un quart de million d'emplois au Québec en cinq ans, s'il était porté au pouvoir.

Comme M. Charest, M. Couillard misera aussi sur le Plan Nord et des investissements dans les infrastructures pour assurer le développement économique du Québec. Il ajoutera une touche plus personnelle: une stratégie maritime de mise en valeur du fleuve Saint-Laurent.

Présent à Montréal où le Parti libéral compte plusieurs forteresses, M. Couillard a aussi annoncé un trio de candidats économiques: l'ex-président d'Investissement Québec, Jacques Daoust, dans Verdun; Martin Coiteux, économiste à la Banque du Canada dans Nelligan; et Carlos Leitao, économiste en chef de la Banque Laurentienne dans Robert-Baldwin. Une autre forteresse libérale, D'Arcy-McGee, devrait se libérer avec le départ de Lawrence Bergman, qui aurait été invité à réfléchir à son avenir.

En soirée, M. Couillard a pris part à un rassemblement d'une centaine de militants à Grand-Mère, dans Laviolette, une circonscription que détient la libérale Julie Boulet. Il s'est engagé à déposer un cadre financier complet avant la tenue du débat, qui pourrait se tenir autour du 20 mars. Il s'est aussi engagé à nommer un ministre responsable de la Forêt s'il forme un gouvernement libéral.

Pendant ce temps, à Québec, où se trouve un de ses seuls bastions, la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault plaçait le contrôle des finances publiques au sommet de ses priorités, en alignant plusieurs engagements ambitieux: déficit zéro en 2014-2015, gel de l'embauche et attrition dans la fonction publique, élimination progressive de la taxe santé et de la taxe scolaire, répit fiscal de 1000 $ aux familles.

Dans la caravane péquiste, de passage à Drummondville, l'heure n'était pas aux promesses électorales jeudi. Ce sont plutôt les relations tendues entre la première ministre sortante Pauline Marois et les médias nationaux chargés de couvrir sa campagne qui ont retenu l'attention.

Lors de son premier point de presse de la campagne, 24 heures après le déclenchement des élections, Mme Marois a dû expliquer sa stratégie de communication et justifier pourquoi la veille elle avait refusé de répondre aux questions des journalistes, qui doivent débourser plusieurs milliers de dollars pour suivre sa caravane dans le but de bien informer les électeurs sur les enjeux de la campagne.

Elle a fait valoir qu'elle souhaitait que les médias se concentrent sur la déclaration qu'elle avait faite au moment d'annoncer les élections générales, mercredi, en précisant qu'elle n'avait «pas peur de l'adversité».

Il faut remonter aux années 70 pour rappeler le souvenir d'un premier ministre qui ait choisi de ne pas répondre aux questions des médias nationaux le jour du déclenchement d'élections générales.

Mme Marois a annoncé jeudi la candidature du président de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ), Daniel Lebel, dans la circonscription caquiste de Drummond-Bois-Francs.

Questionnée sur son échéancier référendaire, Mme Marois s'en est tenue à sa position habituelle: pas de garantie qu'il y aura un référendum sur la souveraineté dans le prochain mandat, mais pas de garantie qu'il n'y en aura pas.

«Lorsque nous choisirons de tenir un référendum, il y aura des débats avec la population québécoise, on ne fera pas ça en cachette, on ne fera pas ça pendant la nuit et il faudra qu'il y ait un certain consensus», a-t-elle dit.

Bref, si un électeur juge le programme du Parti québécois intéressant, «il devrait voter pour le Parti québécois», a-t-elle dit.

Mme Marois annoncera vendredi la candidature d'une femme dans Taillon, une forteresse péquiste, laissée vacante in extremis par la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, âgée de 65 ans. Celle-ci avait prévu se porter candidate, mais a choisi de se désister à la dernière minute, au profit d'une jeune femme dont on connaîtra l'identité vendredi.

Ancien député péquiste, puis caquiste devenu malgré lui indépendant après avoir été chassé de ces deux caucus, le député de Blainville, Daniel Ratthé, a annoncé qu'il renonçait à tenter sa chance à nouveau. Blainville fait partie des circonscriptions convoitées par le PQ.

À Montréal, Québec solidaire a rendu public son slogan de campagne: «Je vote avec ma tête». La porte-parole du parti, Françoise David, a reproché à la chef péquiste Pauline Marois de diriger un gouvernement soi-disant souverainiste, inféodé au gouvernement fédéral et soumis à l'industrie pétrolière albertaine. Elle l'a aussi critiqué pour avoir trop peu consulté la population sur des questions de choix énergétiques.

Les étudiants québécois qui iront voter le 7 avril pourront, pour la première fois, le faire sur le lieu même de leur établissement d’enseignement, a rappelé jeudi le directeur général des élections (DGE), Jacques Drouin.

Le DGE a par ailleurs souligné les changements apportés à la Loi électorale concernant le financement des partis politiques depuis les dernières élections.