NOUVELLES
06/03/2014 08:30 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Iran: Zarif affirme que certains avoirs gelés seront bientôt rapatriés

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif s'est félicité jeudi des entretiens "fructueux" lors de sa tournée au Japon en vue de rapatrier certains avoirs iraniens gelés dans les banques étrangères par les sanctions internationales.

Téhéran, soupçonné par l'Occident et Israël de vouloir se doter de l'arme nucléaire, est écarté depuis 2012 du système financier mondial, qui l'empêche notamment de rapatrier ses avoirs gelés dans les banques des pays acheteurs de brut iraniens, notamment le Japon. Selon les Etats-Unis, environ 100 milliards de dollars sont bloqués à l'étranger.

"Les entretiens financiers et économiques à Tokyo ont été constructifs et fructueux", a affirmé M. Zarif sur sa page Facebook.

"Nous sommes parvenus à des accords pratiques dans différents domaines, dont l'application du volet financier de l'accord de Genève, dont les résultats seront visibles très bientôt dans les transactions bancaires", a-t-il ajouté.

Cité par l'agence officielle Irna, M. Zarif a également demandé à Tokyo de "jouer un rôle plus actif" dans le rapatriement des pétrodollars iraniens "dont une grande partie" est au Japon.

L'accord signé à Genève entre l'Iran et le groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Allemagne), entré en vigueur le 20 janvier, prévoit la levée partielle des sanctions en échange de la suspension d'une partie des activités nucléaires iraniennes durant six mois, afin de permettre d'engager des négociations pour un accord définitif sur le programme nucléaire iranien.

Selon l'accord intérimaire, un canal bancaire incluant des banques japonaises, suisses et sud-coréennes a été établi pour permettre à l'Iran d'acheter des produits alimentaires, des médicaments et des équipements médicaux, qui échappent théoriquement aux sanctions bancaires. Mais ces achats étaient jusqu'à présent rendus difficiles par la réticence des banques étrangères à effectuer des transactions avec l'Iran.

Le même canal doit être utilisé pour rapatrier les revenus de l'exportation de pétrole, soit un peu plus d'un million de barils par jour, qui doit générer selon Téhéran 15 milliards de dollars, et ceux de la vente de produits pétrochimiques, estimés à 8 milliards de dollars par an.

Via ces banques, l'Iran doit également recevoir en six mois 4,2 milliards de dollars bloqués à l'étranger.

Le gouvernement iranien espère utiliser ces revenus pour contrôler l'inflation qui avait dépassé les 40% en 2013, afin de relancer l'économie.

L'Iran et les 5+1 doivent reprendre leurs négociations sur un accord global le 17 mars à Vienne.

str/cyj/cbo