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06/03/2014 10:35 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Iran: des prisonniers politiques malades privés de soins (FIDH)

La Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) s'est alarmée jeudi de l'état de santé de plusieurs prisonniers politiques en Iran, privés délibérément d'accès aux soins selon l'organisation basée en France.

Dans un communiqué, la FIDH fait part de "sa profonde inquiétude concernant le refus des autorités iraniennes de donner aux prisonniers de conscience malades un accès à des soins médicaux adaptés, ce qui a entraîné la détérioration de leur état de santé".

"Les autorités iraniennes refusent à dessein l'accès aux soins pour les prisonniers", a estimé le président de la FIDH, Karim Lahidji. "Elles punissent deux fois les prisonniers: d'abord en les arrêtant de façon arbitraire et en les emprisonnant, puis en créant des conditions de détention insupportables, notamment la privation de traitement médical pour les malades qui aggravent leur mauvaise santé et leur condition physique".

Selon l'organisation, plusieurs prisonniers détenus à la prison d'Evine, dans le nord de Téhéran, ont écrit le 2 mars une lettre ouverte au pouvoir judiciaire pour attirer son attention sur le manque d'accès à des soins et des locaux adaptés pour les malades.

La FIDH cite notamment le cas d'Hamidreza Moradi-Sarvestani, hospitalisé en février pour des artères bouchées mais ramené en cellule avant d'avoir pu être opéré à coeur ouvert. Ce membre de la minorité religieuse des Derviches et responsable d'un site internet d'informations a été condamné à 10 ans et 6 mois de prison en juillet 2013 notamment pour "propagande contre l'Etat", selon le Comité de protection des journalistes.

La militante des droits des femmes Bahareh Hedayat, condamnée en décembre 2009 à 9 ans et demi de prison également pour propagande contre l'Etat, "pourrait ne pas avoir la possibilité d'avoir d'enfants en cas de refus du droit de bénéficier d'un traitement médical hors de la prison", ajoute la FIDH.

L'ONU et plusieurs ONG des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le bilan de l'Iran en la matière, notamment la répression du mouvement de contestation qui avait suivi la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.

L'élection du président modéré Hassan Rohani en juin 2013 a fait naître des espoirs de changement, notamment avec la libération en septembre dernier de plusieurs prisonniers d'opinion.

Mais le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme s'est alarmé en février de la recrudescence de l'application de la peine de mort, en particulier à l'encontre de prisonniers politiques et de membres de minorités.

bur/vl