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06/03/2014 10:26 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

France : les femmes du président devant la justice

Les affaires de coeur du président français François Hollande ont pris un tour judiciaire jeudi avec la condamnation du magazine Closer à verser 12.000 euros à son ex-compagne Valérie Trierweiler et le début de l'offensive de l'actrice Julie Gayet afin d'obtenir réparation pour "violation de sa vie privée".

Closer a organisé "une véritable traque" à l'encontre de Julie Gayet, devenue "une proie", a dénoncé jeudi à la barre du tribunal de Nanterre, près de Paris, l'avocat de l'actrice, Jean Enocchi, alors que le jugement est attendu le 27 mars.

"Il y a eu un avant et un après Closer", a plaidé l'avocat. "Elle a été assaillie par une nuée de photographes (...), on avait l'impression d'une chasse à courre et d'un gibier, notamment quand elle est sortie en voiture, on lui a fait prendre tous les risques".

"Quel est l'intérêt général pour la société de révéler le nom de Julie Gayet et sa photo?", s'est encore interrogé Me Enocchi. "Le but de l'article est à l'évidence illégitime, c'est de la curiosité, du voyeurisme", a-t-il dit.

Closer a riposté en invoquant le droit à l'information. L'article pose clairement la question de "la sécurité du président" et son "devoir de transparence" vis-à-vis des Français, a estimé Me Delphine Pando, l'avocate du journal.

"On a fait notre devoir de journaliste, en donnant une information exacte que le public est en droit de savoir", a fait valoir Laurence Pieau, directrice de la publication de l'hebdomadaire.

Hasard du calendrier judiciaire, Closer a été condamné jeudi à payer 12.000 euros de dommages et intérêts à Valérie Trierweiler, l'ex-compagne de François Hollande, pour un article du 7 février sur ses vacances à l'Ile Maurice.

Le juge a également condamné le journal à la publication de la condamnation en couverture sous astreinte de 1.500 euros par jour de retard.

La révélation par Closer de l'affaire Julie Gayet est à l'origine de la rupture officielle fin janvier de François Hollande avec Valérie Trierweiler.

Le magazine avait publié le 10 janvier des photos volées du chef de l'Etat et de la comédienne Julie Gayet, photographiés séparément devant un immeuble parisien, rue du Cirque, à une centaine de mètres de l'Elysée, siège de la présidence.

Julie Gayet, actrice et productrice de cinéma, réclame 50.000 euros de dommages et intérêts, ainsi que 4.000 euros pour les coûts de procédure. Elle demande aussi une publication judiciaire sur la moitié de la couverture de Closer, propriété de la société Mondadori France.

- Harcelée par les paparazzi -

Attendue par une foule de journalistes et de photographes, Julie Gayet, 41 ans, qui n'a fait qu'une récente apparition publique - pendant la cérémonie des Césars, les Oscars du cinéma français - depuis la révélation de sa liaison avec le président, avait choisi de ne pas être présente jeudi.

Après avoir assigné Closer au civil, l'actrice avait déposé une plainte contre X au pénal pour "atteinte à l'intimité de la vie privée", en réaction à la publication par l'hebdomadaire people d'une deuxième série de photos la montrant au volant de sa voiture.

Le parquet de Nanterre, juridiction compétente car le siège de Closer est situé dans le département de cette ville, a ouvert dans la foulée, fin janvier, une enquête préliminaire.

Le paparazzi Sébastien Valiela, auteur des photos de la rue du Cirque, a été entendu mi-février dans le cadre de cette procédure. Agé de 42 ans, ce photographe s'était déjà distingué en publiant dans le magazine Paris Match en 1994 des photos de l'ex-président socialiste François Mitterrand et de sa fille illégitime Mazarine Pingeot.

Julie Gayet, mère de deux enfants, qui s'estime harcelée par les paparazzi, a également déposé une plainte à Paris pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Comédienne discrète, Julie Gayet a joué depuis vingt ans dans plus de soixante-dix films, de la comédie romantique au thriller en passant par le drame, toujours dans des seconds rôles.

Depuis qu'il a annoncé le 25 janvier "la fin de sa vie commune" avec Valérie Trierweiler, qui durait officiellement depuis 2007, François Hollande est toujours apparu seul en public et la nature de sa relation aujourd'hui avec Julie Gayet n'est pas connue.

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