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06/03/2014 05:29 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Crise en Ukraine: Washington et l'Union européenne imposent des sanctions

SIMFEROPOL, Ukraine - L'Ukraine semblait se diriger vers la rupture avec la Crimée, jeudi, alors que les parlementaires criméens ont annoncé qu'ils souhaitaient se joindre à la Russie et qu'ils soumettraient cette proposition à la population dans le cadre d'un référendum le 16 mars.

Les États-Unis et l'Union européenne (UE) ont dénoncé cette décision, à laquelle ils ont répliqué en imposant les premières vraies sanctions contre Moscou.

Prenant la parole depuis la Maison-Blanche, le président Barack Obama a affirmé que le nouveau gouvernement ukrainien devait prendre part à tout débat concernant l'avenir de la Crimée, une péninsule pro-russe qui fait partie de l'Ukraine.

M. Obama a soutenu que le référendum proposé enfreignait la Constitution de l'Ukraine et le droit international. Il a ajouté que l'époque où les frontières pouvaient être redessinées sans le concours des leaders démocratiquement élus était bel et bien révolue.

Plus tôt jeudi, le président américain avait discuté pendant une heure au téléphone avec son homologue russe, Vladimir Poutine, lui disant notamment que les actions de la Russie en Crimée violaient la souveraineté et l'intégrité territoriales de l'Ukraine.

Il s'agit du premier contact connu entre les deux leaders depuis samedi, peu de temps après que les troupes russes eurent pris le contrôle de la Crimée

Selon la Maison-Blanche, Barack Obama a assuré à M. Poutine au cours de leur conversation téléphonique qu'il était possible de régler le conflit par le biais de la diplomatie. Il a précisé que la future entente devrait comprendre le retour des forces russes à leur base criméenne, la tenue de négociations directes entre Moscou et Kiev ainsi que l'adoption de mécanismes de surveillance internationaux permettant d'assurer que les droits des Russes en Ukraine sont respectés.

Cet entretien n'a toutefois pas empêché Washington de mettre en place, jeudi, des sanctions financières et des restrictions de voyage contre les opposants au nouveau gouvernement ukrainien. L'UE a aussi annoncé une série de mesures punitives contre le Kremlin. Les États-Unis comme l'UE ont dit réfléchir à la possibilité d'aller encore plus loin dans cette voie.

À la suite de l'annonce du référendum, un membre du Parlement de la Crimée, Sergueï Shouvainikov, a déclaré que c'était la réponse des politiciens criméens au «désordre et à l'anarchie qui règnent à Kiev», soutenant que les Criméens voulaient décider eux-mêmes de leur avenir.

Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, n'a pas tardé à réagir, affirmant que ce référendum n'avait aucun fondement juridique. Le président du pays, Alexandre Tourtchinov, a pour sa part indiqué que l'Ukraine dissoudrait le Parlement de la Crimée, mais un tel geste n'aurait pratiquement aucun effet concret.

Lors d'une réunion d'urgence à Bruxelles, le président de l'UE, Herman Van Rompuy, a révélé que l'organisation avait interrompu ses pourparlers avec la Russie concernant un accord portant sur le commerce et les visas, et envisagerait d'imposer d'autres sanctions si le Kremlin refusait de participer à des discussions sérieuses pour résoudre la crise.

À Moscou, un membre du Parlement russe, Sergueï Mirinov, a présenté un projet de loi visant à faciliter l'intégration de la Crimée à la Russie. Ce projet pourrait faire l'objet d'un vote dès la semaine prochaine. Un autre parlementaire, Leonid Slutsky, a toutefois indiqué que la motion pourrait être débattue après le référendum.

Mardi, le président russe, Vladimir Poutine, avait assuré n'avoir aucunement l'intention d'annexer la Crimée, tout en insistant sur le fait que la population criméenne avait le droit de déterminer le statut de sa région dans le cadre d'un référendum. Il a réclamé, jeudi, la tenue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation en Ukraine.

D'après le leader de la Crimée, les forces pro-russes, qui s'élèvent à 11 000 soldats, contrôlent maintenant tous les accès à la péninsule dans la mer Noire et assiègent les bases militaires qui ne se sont pas déjà soumises.

Le Pentagone a annoncé, jeudi, que six avions de combat F-15 américains étaient arrivés en Lituanie afin de renforcer les patrouilles aériennes au-dessus des pays baltes. Les États-Unis ont également envoyé un vaisseau de guerre dans la mer Noire.

Par ailleurs, des affrontements ont éclaté, tôt jeudi matin, à Donetsk, une ville dont la population est majoritairement russe, après que la police eut chassé des manifestants d'un centre administratif régional. Peu de temps après, le drapeau ukrainien s'est remis à flotter au-dessus du bâtiment, gardé par environ 100 soldats. Deux gros camions ont été placés devant l'édifice pour tenir les protestataires à l'écart.