NOUVELLES
06/03/2014 03:42 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Centrafrique: des centaines de femmes lancent un appel vibrant à la réconciliation

Les femmes centrafricaines ont lancé jeudi un appel à la paix et à l'arrêt des violences dans leur pays, lors d'une cérémonie à Bangui en prélude à la journée internationale de la femme le 8 mars.

"Chrétiens, musulmans, nous sommes tous des créatures de Dieu. Nous, vos mamans (...) après toutes les violences que nous avons vécues ensemble, vous interpellons sur les situations sécuritaire et humanitaire de notre cher, unique et indivisible pays", ont déclaré les porte-parole des quelque 300 femmes réunies, dont de nombreuses musulmanes, pour la plupart représentantes de la société civile centrafricaine.

"Nous disons non à la guerre, non à la violence, non à la destruction des vies humaines et aux pillages; non à l'impunité, non à l'insécurité endémique. Nous disons également oui au respect des droits humains, oui à la justice, oui au pardon, oui à l'unité nationale, oui à un retour définitif de la sécurité sur toute l'étendue de notre territoire", ont-elles proclamé en présence de plusieurs autorités politiques, diplomatiques et religieuses.

Cet appel intervient au lendemain de nouveaux incidents meurtiers à Bangui, au cours desquels des soldats tchadiens de la force de l'Union africaine (Misca) ont tué trois personnes.

"Que vous soyez à l'ouest, à l'est, au nord ou au sud, en Centrafrique ou à l'étranger, joignez-vous à nous (...) pour la réconciliation nationale et la cohésion sociale entre tous les Centrafricains sans distinction", ont ajouté les femmes.

"Aujourd'hui, nous, femmes centrafricaines, nous disons d'une seule voix: Singuila mingui" (merci beaucoup) au secrétaire général des Nations unies M. Ban Ki-moon, qui nous a tous appelés à la paix dans notre propre langue, le Sango", ont-elles encore affirmé.

Dans un message adressé aux Centrafricains dans leur langue nationale et fréquemment diffusé sur les radios locales, le secrétaire général de l'ONU appelle à cesser les violences et reconstruire le pays, en avertissant que les crimes commis ne resteront pas impunis.

"Il n'y a pas de solution miracle en République centrafricaine", mais une opération de maintien de la paix est indispensable pour éviter la partition du pays et la déstabilisation de la région, a affirmé jeudi un haut responsable de l'ONU.

En début de semaine, l'ONU a plaidé pour l'envoi de 12.000 Casques bleus en Centrafrique afin de mettre fin aux violences intercommunautaires qui minent le pays depuis des mois.

acp/cl/mba