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06/03/2014 01:17 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Afghanistan: le frère du président Karzaï annonce son retrait de la présidentielle

Qayum Karzaï, frère du président afghan Hamid Karzaï, a annoncé jeudi son retrait de la course à la présidence et son ralliement à Zalmaï Rassoul, un des favoris de l'élection dont le premier tour est prévu dans un mois.

"J'annonce, avec mon équipe, mon soutien à M. Rassoul", a déclaré Qayum Karzaï lors d'une conférence de presse à Kaboul au côté de M. Rassoul, ancien ministre des Affaires étrangères et considéré comme un proche du président sortant.

"Désormais, nos deux équipes se battront côte à côte pour la victoire", a dit M. Rassoul. "Si Dieu le veut, et avec le soutien du peuple afghan, je suis sûr que nous allons gagner", a-t-il ajouté.

Ce retrait, objet de nombreuses rumeurs ces derniers jours à Kaboul alors que les équipes des deux candidats étaient plongées dans d'intenses négociations, réduit à dix le nombre de prétendants à la succession du président Hamid Karzaï.

Ce dernier ne participera pas à l'élection, la Constitution lui interdisant de briguer un troisième mandat.

Frère aîné du chef de l'Etat afghan, Qayum Karzaï, 66 ans, est né à Kandahar, la grande ville du Sud, berceau des rebelles talibans. Homme d'affaires avisé mais personnalité politique peu charismatique, il avait lancé sa campagne début février en organisant un grand meeting dans la capitale afghane, lors duquel il s'était inscrit dans l'héritage politique de son frère.

Son ralliement derrière M. Rassoul renforce de facto la candidature de ce dernier.

Zalmaï Rassoul, ancien royaliste de 70 ans, figure parmi les favoris du scutin, de même que Ashraf Ghani, un économiste réputé, et Abdullah Abdullah, une figure de l'opposition arrivée en deuxième position au premier tour de la présidentielle de 2009, avec plus de 30% des voix.

Ce grand rendez-vous politique aura lieu alors que l'Afghanistan traverse une période d'incertitudes à l'approche du retrait des quelque 50.000 soldats de l'Otan, d'ici à la fin de l'année, qui fait craindre une flambée de violences dans le pays, en partie contrôlé par les talibans.

Chassés du pouvoir en 2001, les rebelles islamistes sont les artisans d'une violente insurrection que douze ans d'intervention occidentale et les moyens militaires colossaux déployés par l'Otan, Américains en tête, n'ont pas réussi à mater.

Désormais en première ligne face aux talibans, les forces afghanes, certes conséquentes (350.000 hommes) mais sous-équipées et minées par les problèmes d'organisation et de désertion, paient un lourd tribut au conflit.

Jeudi matin, cinq soldats afghans ont été tués et huit blessés par un tir fratricide de la Force internationale de l'Otan en Afghanistan (Isaf) dans la province du Logar, au sud de Kaboul, selon le porte-parole du gouvernement provincial, Din Mohammad Darvish.

Interrogée à ce sujet, une porte-parole de l'Isaf, Cathleen Snow, a confirmé "qu'au moins cinq soldats afghans ont été accidentellement tués ce matin lors d'une opération dans l'est de l'Afghanistan".

"Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances qui ont entraîné ce malheureux incident", a-t-elle dit. "Nous allons identifier quelles mesures nous pouvons prendre pour faire en sorte que ce type d'incident ne se reproduise pas".

La frappe aérienne a touché un poste de l'armée afghane situé sur une colline dans le district de Charkh, selon un porte-parole des autorités locales, Khalilullah Kamal.

"Les Américains occupaient ce poste auparavant mais depuis qu'ils l'ont quitté, l'armée afghane s'y est installée", a-t-il dit à l'AFP, affirmant que les soldats afghans avaient été victimes d'une "attaque de drones".

La mort des cinq soldats risque de crisper davantage les relations entre le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l'Otan, exaspérés par le refus du président Karzaï de signer au plus vite un traité bilatéral de sécurité (BSA) avec Washington.

"Les Afghans meurent dans un conflit qui n'est pas le leur", a lancé le président Hamid Karzaï dans un article publié lundi par le Washington Post.

"J'adresse ma reconnaissance au peuple américain", a-t-il dit. "Mais vous pouvez faire part de ma colère, de ma grande colère, au gouvernement américain".

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