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05/03/2014 05:05 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Un envoyé spécial des Nations unies met fin à sa mission dans la Crimée

SIMFEROPOL, Ukraine - Un émissaire spécial des Nations unies a mis fin à sa mission en Crimée, mercredi, après avoir été menacé et intimidé par un groupe composé de 10 à 15 hommes armés et sommé de quitter la région, où l'Ukraine et la Russie sont impliquées dans un bras de fer, ont annoncé des responsables de l'ONU.

Après une confrontation dans un café, Robert Serry a été conduit à l'aéroport de Simferopol par ses assaillants, et s'est envolé vers Kiev, la capitale de l'Ukraine, d'où il poursuivra sa mission visant à recueillir des informations, ont précisé les responsables.

Un reporter de l'Associated Press a repéré M. Serry, avant qu'il ne quitte Simferopol, dans la section de l'aéroport réservée aux voyageurs de la classe affaires. Dans une déclaration à l'Associated Press, M. Serry, un diplomate hollandais, a fait savoir qu'il était sain et sauf, et mentionné que sa visite avait été interrompue pour des raisons qu'il a dit ne pas pouvoir comprendre. Il n'a rien ajouté.

Des responsables ukrainiens avaient affirmé, mercredi, que M. Serry avait été enlevé. Mais M. Eliasson a nié cette information, précisant que M. Serry avait été menacé par des hommes armés alors qu'il quittait les quartiers généraux navals de la Crimée, mais qu'il n'avait pas été kidnappé.

M. Eliasson a confié que les hommes ont ordonné à M. Serry de quitter la Crimée et de se diriger vers l'aéroport. M. Serry a refusé, mais il ne pouvait se déplacer car sa voiture était bloquée, a également expliqué le secrétaire-général adjoint.

L'émissaire a plus tard été aperçu dans un café pendant que des hommes armés, vêtus d'habits de camouflage, se trouvaient à l'extérieur. Il s'est ensuite assis dans une camionnette qui l'a reconduit vers l'aéroport de Simferopol.

M. Eliasson, qui est à Kiev, a discuté au téléphone avec des journalistes se trouvant aux quartiers généraux des Nations unies à New York. Il a précisé qu'il avait parlé avec M. Serry quelque 20 minutes plus tôt.

«M. Serry se porte bien, physiquement. Il n'a pas été enlevé.»

La semaine dernière, le secrétaire-général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait dépêché M. Serry à Kiev parce qu'il avait été le premier ambassadeur des Pays-Bas en Ukraine, et qu'il connaît le pays et plusieurs des personnes influentes du pays.

Vendredi, M. Ban a demandé à M. Serry de se rendre en Crimée dans le cadre de sa mission visant à recueillir de l'information. M. Serry, qui occupe actuellement les fonctions d'émissaire de l'ONU au Proche-Orient, avait d'abord refusé d'y aller après avoir consulté les autorités dans la région. Mais selon le secrétaire-général adjoint de l'ONU, Jan Eliasson, M. Serry a plus tard convenu qu'il était important de se rendre en Crimée, compte tenu des «circonstances dramatiques».