INTERNATIONAL
05/03/2014 08:41 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

L'UE au secours de l'Ukraine, les Russes s'imposent en Crimée

Ukrainian soldiers guard a gate of an infantry base in Privolnoye, Ukraine, Sunday, March 2, 2014. Hundreds of unidentified gunmen arrived outside Ukraine's infantry base in Privolnoye in its Crimea region. The convoy includes at least 13 troop vehicles each containing 30 soldiers and four armored vehicles with mounted machine guns. The vehicles ? which have Russian license plates ? have surrounded the base and are blocking Ukrainian soldiers from entering or leaving it. (AP Photo/Darko Vojinovic)
ASSOCIATED PRESS
Ukrainian soldiers guard a gate of an infantry base in Privolnoye, Ukraine, Sunday, March 2, 2014. Hundreds of unidentified gunmen arrived outside Ukraine's infantry base in Privolnoye in its Crimea region. The convoy includes at least 13 troop vehicles each containing 30 soldiers and four armored vehicles with mounted machine guns. The vehicles ? which have Russian license plates ? have surrounded the base and are blocking Ukrainian soldiers from entering or leaving it. (AP Photo/Darko Vojinovic)

Alors que l'Union européenne annonce l'octroi d'une aide de 11 milliards d'euros (plus de 16 milliards $CAN) au nouveau gouvernement ukrainien, les forces russes ont pris le contrôle de deux sites de lancement de missiles en Crimée. Il s'agit de lieux considérés comme hautement stratégiques.

Les forces prorusses qui encerclaient les bases de lancement ukrainiennes de Fiolent et d'Evpatoria depuis plusieurs jours sont passées à l'action mardi soir.

Dans les deux cas, les forces russes ont pénétré dans l'enceinte des bases ukrainiennes entourées de manifestants prorusses. La prise de contrôle des sites de lancement de missiles s'est faite sans heurts et sans combats.

Selon un porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, à Fiolent, les forces russes ne font que bloquer la partie de la base où se trouvent les missiles qui ont été préalablement désarmés, assure Volodymyr Bova.

Sur la base A4519 d'Evpatoria, les stocks de missiles avaient déjà été évacués de la base lorsque les forces russes et les manifestants l'ont pris d'assaut, précise le porte-parole de la Défense ukrainienne.

11 milliards d'euros pour Kiev

Pendant ce temps, à Bruxelles, l'Union européenne a promis une aide financière de 11 milliards d'euros sur deux ans au nouveau gouvernement ukrainien.

Selon le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, cette importante somme sera versée sous forme de dons et de prêts en collaboration avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d'investissement (BEI).

Le versement de cet argent est également subordonné en partie à la conclusion d'un accord entre le gouvernement ukrainien et le Fonds monétaire international (FMI).

Le gouvernement transitoire qui a été installé au pouvoir en Ukraine après la destitution du président prorusse Viktor Ianoukovitch a hérité d'une économie exsangue, de coffres vidés et d'importantes dettes, notamment envers des compagnies de gaz russes.

L'Union européenne prévoit aussi accorder à l'Ukraine des avantages commerciaux que le pays aurait dû recevoir s'il avait signé un accord d'association avec l'UE l'an dernier.

Rappelons que Washington a pour sa part annoncé cette semaine l'octroi de garanties de prêts d'un milliard de dollars à Kiev.

L'Europe s'engage aussi à fournir du gaz naturel à l'Ukraine qui dépend dans une large mesure de la Russie pour assurer son approvisionnement énergétique.

Discussions de coulisse à Paris

Par ailleurs, à Paris, le président français, François Hollande, tient à l'Élysée une réunion de ministres des Affaires étrangères au cours de laquelle le ministre russe Sergueï Lavrov et le secrétaire d'État américain John Kerry doivent assister.

Cette rencontre originalement prévue pour discuter de la situation au Liban pourrait permettre des discussions en coulisse sur la crise ukrainienne.

Les ministres Lavrov et Kerry devraient avoir un entretien. Invité à la dernière minute, le nouveau ministre ukrainien des Affaires étrangères pourrait aussi avoir des discussions avec son vis-à-vis russe. Le Britannique, William Hague, conserve l'espoir de réunir aujourd'hui les deux hommes.

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