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05/03/2014 06:09 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Timochenko : l'Occident doit forcer la Russie à retirer ses troupes de la Crimée

KIEV, Ukraine - L'ancienne première ministre de l'Ukraine, Ioulia Timochenko, a pressé l'Occident à accentuer la pression afin de forcer la Russie à retirer ses troupes de la Crimée.

En entrevue avec l'Associated Press mercredi, deux semaines après avoir été libérée de prison, Mme Timochenko a affirmé que les États-Unis et le Royaume-Uni doivent s'asseoir avec la Russie et faire usage «des outils les plus puissants» pour s'assurer que les troupes russes quittent la péninsule de la Crimée, qu'elles occupent depuis près d'une semaine après l'expulsion du pouvoir de président pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Mme Timochenko a expliqué que les États-Unis et le Royaume-Uni, en tant que signataires d'un traité datant de 1994 et assurant la sécurité de l'Ukraine en retour de l'abandon de ses armes nucléaires de l'ère soviétique, doivent maintenant négocier directement avec la Russie. Elle a ajouté que l'Ukraine ne peut entamer des négociations avec Moscou pendant que les troupes russes pointent des armes en direction de ses soldats.

«C'est à eux (les États-Unis et le Royaume-Uni) de choisir les méthodes pour stopper l'agresseur. Mais ils doivent le faire immédiatement», a-t-elle lancé de son bureau, situé au centre-ville de Kiev. L'Occident doit faire «tout le nécessaire pour stopper l'agresseur. Point final.»

Mme Timochenko a passé deux ans et demi derrière les barreaux après avoir été reconnue coupable d'abus de pouvoir, une condamnation qui avait une «connotation politique», selon l'Occident.

Pendant l'entrevue, Mme Timochenko a refusé de dire si elle allait présenter sa candidature au scrutin présidentiel du 25 mai en Ukraine. Bien qu'elle n'occupe aucun poste défini, Mme Timochenko est perçue comme une personnalité dotée de beaucoup d'influence politique au moment où son plus grand allié, Olexandre Tourtchinov, occupe la fonction de président par intérim.

Mme Timochenko, qui souffre de maux de dos, se déplaçait lentement et à l'aide d'appareils de marche, mais paraissait mieux qu'il y a deux semaines. Elle s'était alors présentée sur scène à un rassemblement au centre de Kiev, assise dans un fauteuil roulant, l'air pâle et épuisé.

Mme Timochenko a demandé la signature d'un traité politique et économique avec l'Union européenne. Lorsque M. Ianoukovitch l'a rejeté, cela a entraîné les manifestations de masse à Kiev qui l'ont éventuellement poussé à quitter le pays en direction de la Russie le mois dernier.

Une fois que le bras de fer entre la Russie et l'Ukraine sera terminé, la flotte russe de la mer Noire, qui se trouve actuellement en Crimée dans le cadre d'un contrat de location, devra quitter, a averti Mme Timochenko.

«Aujourd'hui, il est évident que la flotte de la mer Noire est devenue la source d'une guerre... un prétexte pour s'emparer de notre État», a-t-elle déclaré.

Mme Timochenko a ajouté que l'Ukraine ne doit faire aucun compromis pour apaiser la Russie.

«Nous croyons que l'agresseur doit quitter sans condition», a-t-elle affirmé à l'Associated Press.