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05/03/2014 08:36 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

RDCongo: la Banque mondiale reprend ses discussions sur un projet de centrale

La Banque mondiale (BM) a annoncé mercredi la reprise des discussions sur le financement d'une vaste centrale hydroélectrique en République démocratique du Congo (RDC), qui avaient été suspendues mi-février sur fond d'inquiétude de la société civile.

Un projet de prêt de 73 millions de dollars pour la centrale Inga III, située aux abords du fleuve Congo, a été soumis mercredi au conseil d'administration de la Banque qui devra le valider lors d'une réunion le 20 mars, a indiqué le porte-parole de l'institution, David Theis.

"Ce projet (...) peut améliorer la vie de millions d'Africains en RDC et ailleurs" sur le continent, a-t-il assuré dans un communiqué.

Une précédente réunion du conseil d'administration sur ce prêt, programmée mi-février, avait été reportée sine die par la Banque, qui n'avait alors pas précisé les raisons de cette décision.

Le projet de financement a été "actualisé" et garantit un "processus transparent et mené par le gouvernement congolais", a souligné M. Theis dans le communiqué.

Activement soutenu par les Etats-Unis, premiers actionnaires de la BM, le projet Inga III doit permettre d'installer une capacité de production électrique de 4.800 MW qui viendrait compléter les barrages Inga I et Inga II, mis en service dans les décennies 1970 et 1980 et qui produisent actuellement 1.500 MW.

Ce projet, dont le coût total est estimé à 12 milliards de dollars, a suscité l'inquiétude de la société civile. Fin janvier, douze ONG congolaises avaient écrit aux administrateurs de la BM afin notamment de mettre en garde contre son impact sur les populations locales, dont la survie repose "entièrement" sur le fleuve Congo.

Selon les projets du gouvernement, quelque 1.300 MW produits par Inga III seront destinés aux industries minières du Katanga (sud-est de la RDC), dont le développement est limité par le manque d'énergie disponible.

Le reste de la production serait dévolu à la population congolaise, dont 9% seulement dispose aujourd'hui d'un accès à l'électricité, selon des chiffres officiels.

Le début des travaux d'Inga III est prévu au plus tôt pour octobre 2015 en vue d'une mise en service en 2020.

jt/sam