NOUVELLES
05/03/2014 11:18 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Profil bas pour la commission Charbonneau pendant la campagne

La commission Charbonneau suspendra ses audiences publiques à partir du lundi 17 mars, et ce, pour le reste de la campagne électorale qui vient d'être déclenchée au Québec. Les audiences reprendront le mardi 8 avril, au lendemain du scrutin.

Les audiences publiques de la commission se poursuivront comme prévu la semaine prochaine. Il sera alors question de fausse facturation et d'infiltration de la mafia dans l'industrie de la construction.

Dans un communiqué publié environ une heure après le déclenchement officiel de la campagne, les commissaires disent avoir « unanimement convenu qu'il n'est pas opportun de tenir des audiences publiques relativement aux prochains volets de nos travaux pendant la période électorale. »

La commission « étant totalement apolitique et indépendante, nous ne voulons pas risquer que ses audiences soient entraînées dans l'arène politique. Les élections sont les assises de la démocratie et la commission ne voudrait pas influencer d'une façon ou d'une autre l'électorat », estiment-ils.

D'ici les vacances estivales, la commission doit s'attaquer à deux importants volets de son mandat, soit l'octroi et la gestion des contrats publics par le ministère des Transports du Québec et le financement politique des partis provinciaux. 

La suspension des travaux, qui se solde par la perte de 10 jours d'audiences, entraînera des bouleversements dans l'horaire de la commission À compter du 8 avril, elle siégera souvent jusqu'à 17 h plutôt que 16 h 30 du lundi au jeudi, et des audiences auront lieu le vendredi jusqu'à 12 h 30. 

Le nouvel horaire prévoit par ailleurs que les travaux printaniers se termineront le 20 juin, mais la commission se réserve la possibilité de les prolonger jusqu'au 4 juillet au besoin. 

Réactions politiques

Interrogé au sujet de cette suspension de travaux lors de la conférence de presse marquant le lancement de sa campagne, le chef libéral Philippe Couillard a accueilli la décision avec circonsception. « La commission Charbonneau fait son travail. C'est à elle de prendre ses décisions », a-t-il dit.

M. Couillard soutient qu'il n'a de toute façon jamais considéré les travaux de la commission comme un épée de Damoclès sur la tête de son parti.

« C'est jamais comme ça que j'ai vu ça », a-t-il dit, avant de lancer un nouvel appel à la prudence quant aux allégations entendues à la commission. Il invite la population à se demander si les pratiques qui sont dénoncées à la commission « sont encore en cours, possibles, ou si le renouveau a été suffisant ».

« Je répondrai aux questions. Mais moi, je suis là pour le présent et l'avenir », a-t-il conclu.

« C'est peut-être pas une mauvaise idée, parce que ça se mêle assez difficilement tout ça », a pour sa part déclaré la co-porte-parole de Québec solidaire, Françoise David. « C'est évident que si la commission avait siégé tout au long de la campagne, l'un ou l'autre des partis - y compris nous, au fond - aurait eu envie d'instrumentaliser la commission. Donc, c'est peut-être pas si bête ». 

Les chefs du Parti québécois et de la Coalition avenir Québec, Pauline Marois et François Legault, n'ont pas encore réagi à la décision de la commission.