NOUVELLES
05/03/2014 12:26 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Le FMI pointe les limites de ses prêts d'urgence envisagés en Ukraine

Le FMI a pointé mercredi les limites de son mécanisme de prêt d'urgence, qui pourrait être utilisé pour l'Ukraine, et déploré la persistance de la "stigmatisation" liée au fait de demander l'aide du Fonds.

Créé en 2011, "l'instrument de financement rapide" (IFR) du Fonds monétaire international n'a encore jamais été requis par un Etat-membre, relève un rapport de l'institution publié jeudi.

Ce prêt d'urgence, qui n'est pas conditionné à des réformes politiques, fait partie des options envisagées pour soutenir l'Ukraine, qui a requis l'aide financière du FMI pour faire face à ses graves difficultés économiques.

"L'IFR devait servir à jouer un rôle de catalyseur, c'est-à-dire encourager d'autres créanciers et donateurs à accroître leur financement, et de passerelle permettant aux pays de faire face à leurs besoins financiers immédiats", écrit le Fonds dans ce rapport prévu de longue date.

Selon ce document, le manque d'intérêt pour ce mécanisme, notamment dans les pays au coeur du printemps arabe, est avant tout lié au fait qu'il ne donne accès qu'à un "faible" montant de ressources.

Dans le cadre de ce mécanisme, un pays a droit, par an, à un prêt d'urgence égal à 50% de sa contribution permanente au FMI, avec un plafond total limité à 100% de cette somme.

Si ce mécanisme était retenu pour l'Ukraine, le pays ne pourrait ainsi recevoir au maximum que 2,1 milliards de dollars de prêts, selon les calculs de l'AFP, loin des 15 milliards réclamés par les autorités de Kiev.

Selon le rapport, ce mécanisme a également été délaissé parce qu'il n'est pas conditionné à des réformes économiques comme d'autres prêts du FMI, et a ainsi "peu de chances" de rassurer d'autres investisseurs ou donateurs.

Pointant le relatif insuccès de ses crédits de précaution, le Fonds déplore plus généralement que les pays rechignent encore à faire appel à lui par peur d'être "stigmatisés" et en raison de la mauvaise réputation de l'institution en Amérique du Sud ou en Asie.

Les réformes drastiques exigées en contrepartie des prêts et les évaluations régulières du Fonds peuvent être également vécues comme une "intrusion", souligne le rapport, qui note que certains pays préfèrent dès lors puiser dans leurs réserves ou se tourner vers des banques régionales de développement.

jt/sl/are