NOUVELLES
05/03/2014 10:00 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

La Banque du Canada maintient son taux directeur inchangé à un pour cent

OTTAWA - La Banque du Canada a décidé mercredi de maintenir son taux directeur au même niveau pendant encore quelque temps, ayant expliqué qu'il lui restait à être convaincue que l'économie mondiale était hors de danger — ajoutant l'Ukraine parmi ses sources de préoccupation.

«La volatilité s'est accrue quelque peu sur les marchés financiers mondiaux, ce qui reflète les conditions financières très favorables dans la plupart des économies avancées et la différenciation accrue des risques entre les pays émergents», a indiqué la banque centrale.

«Plus récemment, les tensions en Ukraine ont intensifié l'incertitude géopolitique», a-t-elle aussi dit.

La banque a annoncé qu'elle maintenait le taux cible du financement à un jour à un pour cent, niveau auquel il se trouve depuis septembre 2010.

La faiblesse des taux a apporté aux consommateurs et aux entreprises du pays certaines des conditions d'emprunt les plus attrayantes depuis longtemps, et a contribué à stimuler l'économie à la suite de la récession de 2008-09.

La décision de la banque centrale était largement attendue par les marchés, qui croient qu'elle ne sera pas pressée de hausser les taux d'intérêt, ou même de signaler son intention de le faire, avant un bon moment.

Aux yeux des économistes, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, estime que le maintien des taux à des niveaux peu élevés est au moins en partie responsable de la valeur du dollar canadien, inférieure à celle de la devise américaine ces derniers mois, ce qui contribue à stimuler la croissance des exportations et à faire augmenter l'inflation.

Le dollar canadien a augmenté à la suite de l'annonce de la banque centrale. Il a clôturé à 90,60 cents US, en hausse de 0,51 cent US.

Doug Porter, économiste principal de la Banque de Montréal, a estimé que la déclaration de M. Poloz selon laquelle la politique monétaire actuelle est «appropriée» avait probablement déçu des joueurs du marché qui espéraient encore une baisse des taux cette année.

La CIBC a indiqué que le prochain geste posé par la banque centrale devrait être une hausse, mais que cela n'arriverait probablement pas avant le milieu de l'an prochain.

La mention de la crise en Ukraine par la banque centrale en a pris certains par surprise, même si M. Porter a dit croire qu'elle avait été ajoutée à la dernière minute.

Néanmoins, l'Institut C.D. Howe a jugé dans un rapport publié mercredi que le Canada demeurait vulnérable face à l'agitation en Europe, affirmant que la situation en Ukraine pourrait avoir un impact.

Par ailleurs, la Banque du Canada entrevoit encore que l'inflation au Canada mesurée tant par l'indice des prix à la consommation global que par l'indice de référence suivra en gros la trajectoire présentée dans le rapport sur la politique monétaire de janvier, même si les chiffres récents ont été légèrement supérieurs aux attentes.

L'offre excédentaire au sein de l'économie et la concurrence dans le commerce de détail vont probablement maintenir l'inflation nettement sous la cible de deux pour cent cette année, prédit la banque centrale.

L'économie mondiale évolue largement comme prévu, la croissance devant se renforcer en 2014 et 2015. On anticipe encore que les États-Unis seront le chef de file dans l'accélération au sein des économies avancées même si les données récentes ont été plus faibles, en raison principalement des effets des conditions météorologiques.

La volatilité s'est accrue quelque peu sur les marchés financiers mondiaux, ce qui reflète les conditions financières très favorables dans la plupart des économies avancées et la différenciation accrue des risques entre les pays émergents.