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05/03/2014 04:38 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Jour 1: Marois, Couillard et Legault prennent la route et affichent leur style

QUÉBEC - D'entrée de jeu, les chefs des trois principaux partis représentés à l'Assemblée nationale ont affiché leurs couleurs, mercredi, chacun affichant son style et tentant de marquer des points dès le premier jour de la campagne électorale qui connaîtra son terme le 7 avril.

La première ministre sortante, Pauline Marois, a indiqué que, malgré la loi qu'elle a fait adopter sur les élections à date fixe, elle devait déclencher des élections générales dès maintenant, 18 mois après avoir pris le pouvoir.

Elle a justifié l'appel aux urnes par la nécessité de mettre fin au «blocage» des libéraux et caquistes, prompts à affirmer qu'ils voteraient contre le budget Marceau déposé en février. Selon elle, les partis d'opposition n'avaient «plus qu'un but, et c'est de bloquer le gouvernement».

La chef péquiste a réclamé à la population un mandat clair et majoritaire, pour mener à bien ses projets, nommément la charte de la laïcité. La chef péquiste a déclaré que ses multiples politiques, notamment en matière de santé et d'économie, sont en place et qu'elle a besoin d'un mandat majoritaire pour aller de l'avant.

«Tout est en place, tout ce dont on a besoin, c'est d'avoir les moyens, a-t-elle dit. Tout ce que je vous demande, c'est de nous donner les moyens d'agir. Nous avons un plan, nous avons une équipe, nous avons la détermination.»

Sur un ton solennel, Mme Marois s'est contentée de faire une brève déclaration, sans prendre aucune question des journalistes. Fait inusité, elle n'avait d'ailleurs aucun point de presse à son agenda mercredi.

«On va avoir l'occasion de se voir très souvent, je vais répondre à toutes vos questions, ne vous inquiétez pas, le moment venu», a-t-elle lancé en marchant vers son autobus de campagne.

Toutefois, elle a répondu aux questions de journalistes locaux lors d'entrevues.

Après avoir lancé les hostilités, Mme Marois a pris la route en direction de Portneuf, pour rencontrer le candidat local et des militants, avant de se diriger vers la circonscription de Maskinongé, et aboutir dans celle de Trois-Rivières, que le PQ veut reprendre aux libéraux. Le PQ y présente une de ses vedettes, Alexis Deschênes, avocat et ancien journaliste de la télé.

Le chef libéral Philippe Couillard a semblé préférer un rythme de croisière allégé, mercredi, n'ayant inscrit à son horaire qu'un point de presse et une activité militante en fin de journée à Québec.

Déjà, il a dévoilé son intention d'aller chercher l'inspiration dans la campagne électorale d'un de ses prédécesseur à la tête du PLQ, Robert Bourassa, en 1970.

Dans un rassemblement qui lançait la campagne du PLQ mercredi soir à Québec, M. Couillard a fait référence aux «100 000 jobs» promis par M. Bourassa, l'homme de la Baie-James, une promesse qui avait frappé l'imaginaire à l'époque.

Il a abordé cet enjeu dans son discours, sans élaborer davantage. Il en fera l'annonce jeudi en présentant son équipe économique, à Montréal.

«Ça va frapper fort (...). J'ai un souvenir: 1970. Que disait monsieur Bourassa? 100 000 jobs. On va dire quelque chose de même. Regardez la télévision demain (jeudi).»

Plus tôt, lors de son premier point de presse de la campagne, M. Couillard s'est montré fort combatif, avouant d'emblée qu'il «détestait» le gouvernement Marois qui, à ses yeux, cultive une mentalité d'assiégé, comme si les Québécois étaient toujours sur le point de perdre leur langue et leur culture.

Il a cherché à masquer son côté cérébral, en se montrant excédé par le discours péquiste: «Avez-vous remarqué que je parle avec mes tripes? C'est vrai. Les viscères, les tripes, c'est la même affaire. Je parle de ça parce que j'en ai assez. Cela fait des décennies que cela dure au Québec. Ce gouvernement, ce parti, continue à présenter les Québécois comme des gens faibles, assiégés, menacés.»

Et il n'a pu s'empêcher de brandir dès le premier jour la menace d'un référendum sur la souveraineté, si le Parti québécois obtient un mandat majoritaire.

M. Couillard doit présenter jeudi, à Montréal, son équipe de candidats issus des milieux économiques. Par la suite, il devrait se rendre au Lac Saint-Jean, où il tente de se faire élire dans Roberval, une circonscription actuellement péquiste.

La campagne du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a quant à elle bien mal débuté. Le jour même du déclenchement des élections, M. Legault a dû annoncer qu'une de ses députées, Hélène Danault, se désistait «pour des raisons personnelles». La députée caquiste de Groulx, une circonscription convoitée par le PQ, avait déjà annoncé, pourtant, qu'elle serait sur les rangs. Ce désistement survient peu après celui de son député vedette, Jacques Duchesneau, et l'annonce du Dr Gaétan Barrette, candidat-vedette de la CAQ en 2012, de se porter candidat libéral dans La Pinière.

M. Legault a affirmé que son principal adversaire n'était ni le Parti québécois ni le Parti libéral, mais bien la résignation de l'électorat.

Il a fait valoir que les Québécois se disent en faveur d'une réduction des dépenses et des impôts mais ne croient pas qu'un parti politique aura le courage de faire ni l'un ni l'autre.

Le chef caquiste estime qu'en mettant toutes ses cartes sur table le premier jour de la campagne, il sera en mesure par la suite de convaincre les électeurs du sérieux de ses intentions.

Jeudi, M. Legault tentera de faire oublier ses déconvenues en rendant public le cadre financier accompagnant le programme de son parti, préparé par son député de Lévis, Christian Dubé. La CAQ proposera «un remède de cheval», a promis M. Legault, pour assainir les finances publiques, en procédant à une réduction massive de la taille de l'État et du nombre de ses employés.

Pendant ce temps, à Montréal, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a lancé sa campagne en disant vouloir mener une campagne axée sur les idées et le contenu. Les thèmes privilégiés: la justice sociale, la souveraineté, l'écologie et la protection du fait français.

Québec solidaire présente des candidats dans les 125 circonscriptions du Québec, en respectant la parité homme-femme.