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05/03/2014 09:38 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Du cuir et de l'allure pour la première collection Ghesquière chez Vuitton

C'était LE rendez-vous que toute la mode attendait: le créateur français Nicolas Ghesquière, qu'elle adule, a présenté mercredi sa première collection chez Louis Vuitton, avec beaucoup d'allure, de féminité et de cuir.

La tente du défilé a été dressée Cour carrée du Louvre, l'un des plus beaux lieux de Paris. Le décor est beige, épuré, très loin des fastes et extravagances du prédécesseur de Nicolas Ghesquière, l'Américain Marc Jacobs, qui a oeuvré seize ans pour Louis Vuitton, première marque de luxe au monde et fleuron du groupe LVMH.

"C'est un matin neuf. Un matin important", a écrit Nicolas Ghesquière dans une lettre aux invités, simplement signée "Nicolas". Au programme: "une recherche d'authenticité et d'innovation. Une volonté d'intemporalité". "N'est-ce pas la volonté ultime de tout créateur que de dessiner l'intemporel?" interroge-t-il.

Les silhouettes sont courtes, très structurées, avec une taille bien marquée, serrée par une ceinture, dans de belles matières, notamment les cuirs. Les tons sont hivernaux, souvent noirs, beiges, marrons, mais avec également des touches de rouge et de bleu.

La nouvelle femme Vuitton affectionne les jupes courtes et trapèze. Elles sont portées avec un pull en laine ou un débardeur en cuir décolleté rentré dans la jupe pour mieux faire ressortir la taille. Nicolas Ghesquière propose également des robes courtes. Les pantalons sont près du corps.

Caramel, noir, irisé, verni ou rouge sur les côtés d'un sac: le cuir est une matière phare du défilé et se décline même en débardeur croco zippé sur le devant. Le créateur mixe les matières, comme le cuir et la laine. L'allure est chic, un peu rétro.

"Je ne voulais pas raconter une histoire, ou faire dans le théâtral", a expliqué après le show Nicolas Ghesquière. "Je formule plusieurs propositions, une garde-robe pour une femme qui sait mélanger les habits", a-t-il poursuivi.

"J'ai commencé à mettre des pièces de cuir sur les habits. (...) J'ai utilisé le savoir-faire de la maison. (...) Je pense que le résultat se situe entre les objets en cuir (de la maison, ndlr) et le prêt-à-porter", a raconté le créateur après le défilé.

Louis Vuitton, qui fête cette année ses 160 ans, est un malletier à l'origine. La maroquinerie assure toujours, selon des analystes, environ 80% des ventes de la marque française, connue dans le monde entier pour ses sacs et sa toile aux célèbres initiales LV.

- Charlène et Adèle au premier rang -

Mais les logos se sont faits discrets dans cette collection Ghesquière. La tendance est à un luxe moins ostentatoire, plus exclusif. Et la marque, dont la croissance a nettement ralenti ces derniers mois, se repositionne sur des produits encore plus haut de gamme. Ce qui va très bien avec l'image de Nicolas Ghesquière, qui passe à 43 ans pour le chef de file d'une mode pointue.

Formé chez Jean Paul Gaultier, il est devenu à 26 ans, en 1997, l'héritier de l'un des plus grands noms de la mode, l'Espagnol Cristobal Balenciaga. Il a réveillé l'illustre maison, précédant les tendances, donnant le "la" à la mode. On ne l'avait plus revu depuis son départ de Balenciaga, à l'automne 2012. Le retour du créateur, né en 1971 dans le nord de la France, était d'autant plus attendu.

Jean-Paul Gaultier et Azzedine Alaïa étaient présents au défilé. Plusieurs célébrités ont fait le déplacement: Charlène de Monaco, Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroianni, Isabelle Huppert, Charlotte Gainsbourg et l'actrice chinoise Fan Bingbing...

L'actrice Adèle Exarchopoulos, césar du meilleur espoir féminin, a "tout aimé". "C'est surprenant, différent de ce qui se faisait chez Vuitton. Mais j'aimais déjà beaucoup son travail pour Balenciaga".

Pour le spécialiste du luxe Serge Carreira, Nicolas Ghesquière a fait "le choix d'une attitude plus naturelle qu'avec Marc Jacobs, le choix de l'élégance plutôt que celui de l'audace".

"C'est très chic, très luxueux dans les matières, et accessible", car ces vêtements sont portables, pour Olivier Zahm, du magazine de mode Purple.

Les défilés de mode pour l'automne et l'hiver se terminent mercredi après-midi avec Hermès.

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