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05/03/2014 02:31 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Des membres de Lev Tahor ont quitté le Canada avant une audience en appel

CHATHAM, Ont. - Des agents de l'immigration de Trinité-et-Tobago ont empêché des membres de la secte ultra-orthodoxe juive Lev Tahor de se rendre au Guatemala, ont confirmé des officiels de ce pays.

Le groupe était arrivé dans ce pays des Caraïbes après avoir pris l'avion à Toronto lundi.

Les autorités de Trinité-et-Tobago a indiqué que les agents de l'immigration avaient trouvé des «incohérences» dans les réponses des voyageurs. Elles ont alors décidé de renvoyer le groupe au Canada. Les membres de Lev Tahor ont engagé un avocat local pour renverser cette décision.

Le groupe aurait refusé d'être installé dans un hôtel.

Il n'a pas été précisé si des enfants qui devaient être remis à la DPJ québécoise faisaient partie de ce groupe.

Mais, La Presse Canadienne a pu lire un courriel affirmant que deux familles de la secte — qui s'étaient vu enlever la garde de leurs enfants — avaient quitté le Canada pour se rendre dans les Caraïbes avant même le résultat de l'appel dans cette affaire.

Le mois dernier, une juge de l'Ontario avait statué que 13 enfants de Lev Tahor devaient être remis à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) au Québec, où la communauté était auparavant établie, et où un premier tribunal avait ordonné qu'ils soient confiés à des familles d'accueil.

L'audience en appel de cette ordonnance devait avoir lieu mercredi à Chatham, en Ontario, mais un avocat représentant l'organisme local d'aide à l'enfance a présenté une motion d'urgence qui a mené à la tenue d'une rencontre avec le juge derrière des portes closes.

La Presse Canadienne a obtenu une copie d'un courriel d'un membre de la communauté à des sympathisants, expliquant comment deux des familles au coeur de l'ordonnance avaient quitté le Canada avant l'audience en appel.

Le courriel précise qu'elles n'étaient pas entichées à l'idée de revenir si l'audience en appel ne répondait pas à leurs attentes, bien qu'elles possèdent des billets fixant leur retour au 13 mars.

Selon le courriel, les familles ont choisi de prendre des vacances dans les Caraïbes au moment de l'audience en appel, d'attendre la décision de l'appel, et si elles voient que l'Ontario peut les forcer à retourner au Québec, elles décideront si elles retourneront en Ontario ou même au Canada.

Le courriel ajoute que les familles se dirigeaient vers le Guatemala, certaines en passant par le Mexique et d'autres, par Trinité-et-Tobago.

Le groupe de neuf personnes — trois adultes et six enfants — qui est passé par Trinité-et-Tobago a été détenu «sans raison», dit aussi le courriel. Les autorités en matière d'Immigration voulaient les retourner au Canada, mais les neuf personnes souhaitaient avoir la permission de rejoindre les autres au Guatemala, mentionne aussi le courriel.

Les membres d'une famille sont des citoyens américains et les autres sont des citoyens israéliens, a écrit le membre de la communauté, et pour cette raison, ils sont contre le fait qu'ils doivent être envoyés au Canada.

À la lecture du courriel, il n'est pas clair si les 13 enfants ont quitté le Canada, mais des membres de la communauté au complexe domiciliaire où ils vivent à Chatham, ont soit fait savoir qu'ils ne pouvaient rien dire où qu'ils ne savaient pas où se trouvaient les enfants.

La plupart des 200 membres de la communauté de Lev Tahor ont quitté leur domicile à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides, au milieu de la nuit quelques jours après que la DPJ eut amorcé une procédure judiciaire contre quelques-unes des familles.

En leur absence, le tribunal au Québec a déterminé en novembre que les enfants devaient être placés en familles d'accueil pour 30 jours, mais les personnes concernées avaient déjà déménagé à Chatham, en Ontario.

Le groupe a fait valoir que ce déménagement était prévu depuis un bon moment, mais le juge a conclu que les membres de la secte avaient fui pour échapper à la justice — dans la perspective que la garde de leurs enfants leur soit retirée.

Des membres de cette communauté religieuse ultra-orthodoxe juive faisaient l'objet d'une enquête des services sociaux au Québec à la fin de l'an dernier, notamment pour des questions d'hygiène et de santé des enfants, et à propos d'allégations voulant que les petits ne soient pas scolarisés en suivant le programme du ministère de l'Éducation.