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05/03/2014 02:13 EST | Actualisé 05/05/2014 05:12 EDT

Caricatures du prophète: Amnesty appelle à annuler la condamnation d'un Tunisien

Amnesty International a appelé mercredi les autorités tunisiennes à annuler la condamnation d'un Tunisien qui vient d'être libéré après avoir passé deux ans en prison pour diffusion de dessins jugés blasphématoires.

Jabeur Mejri, 29 ans aujourd'hui, avait été condamné à sept ans et demi de prison en 2012 pour avoir diffusé sur internet des dessins et écrits considérés comme insultants pour l'islam et le prophète Mahomet.

La présidence a annoncé le 19 février l'avoir gracié, mais il n'a été libéré que mardi soir en raison d'une mesure de détention provisoire surprise prononcée dans une affaire de détournements de fonds.

D'après Amnesty International, sa condamnation à sept ans et demi de prison restera dans son casier judiciaire malgré la grâce.

"Jabeur Mejri n'aurait jamais dû être inculpé, et encore moins condamné et emprisonné, pour avoir exprimé librement ses opinions. Une grâce est insuffisante", a estimé dans un communiqué l'organisation internationale de défense des droits de l'Homme, qui le considérait comme un prisonnier d'opinion.

"Les autorités tunisiennes doivent maintenant mettre les choses au clair. Sa condamnation et sa sentence devraient être annulées et son nom blanchi une fois pour toutes", a-t-elle ajouté.

Amnesty a également appelé les autorités tunisiennes à amender les articles du Code pénal utilisés pour condamner Jabeur Mejri, "qui criminalisent l'exercice pacifique du droit à la liberté d'expression".

Le Code pénal ne réprimant pas le blasphème, le jeune homme a été notamment condamné pour trouble à l'ordre public et atteinte à la morale.

Amnesty s'est aussi dite inquiète de l'existence d'accusations de détournements de fonds contre le jeune homme, dont ni son avocat ni sa famille, pas plus que son comité de soutien ou la présidence tunisienne n'avaient connaissance.

"Le dépôt d'un nouveau mandat d'arrêt à l'encontre de Jabeur Mejri deux semaines avant la grâce présidentielle est le signe préoccupant que son calvaire pourrait ne pas être terminé", a affirmé l'ONG.

Le Comité de soutien du jeune homme avait salué mardi sa libération tout en insistant sur la nécessité de le réhabiliter, en s'engageant à rester actif "tant que l'ensemble des charges retenues contre Jabeur Mejri seront maintenues et tant que Jabeur Mejri n'aura pas été réhabilité".

iba/vl