DIVERTISSEMENT
20/02/2014 05:50 EST | Actualisé 20/02/2014 05:51 EST

«Au Bonheur des ogres», un Daniel Pennac sur pellicule (VIDÉO/PHOTOS)

En décidant d’adapter Au Bonheur des ogres, le roman éponyme de Daniel Pennac, le réalisateur, Nicolas Bary (Les Enfants de Timpelbach) a vu les choses en grand. À seulement 33 ans, il réussit avec son deuxième long métrage en salles dès demain à nous entrainer dans l’univers joliment fantaisiste de l’auteur. Le tout est servi par une distribution impeccable composée d’une flopée de bons acteurs comme Bérénice Bejo, Raphaël Personnaz, Isabelle Huppert, Émir Kusturica et Guillaume de Tonquédec.

Nicolas Bary aurait pu comme ses parents faire de la musique classique. Mais la passion du cinéma est venue le rattraper très tôt. À seulement 13 ans, il savait qu’il voulait tourner des films. «Plus tard, je me suis fait engager dans les tournages comme régisseur ou stagiaire, explique-t-il lors d’une entrevue accordée à Paris. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de gens et ainsi établir des contacts utiles pour le métier.»

De fil en aiguille, le jeune homme réalise des courts métrages et un premier film jeunesse adapté d’un livre de l’auteur allemand Henry Winterfeld. «J’aime adapter les histoires des autres, rentrer dans leur univers. J’ai trouvé naturel de m’intéresser ensuite aux œuvres de Daniel Pennac qui sont depuis longtemps mes livres de chevet.»

Et pas seulement le sien. Au Bonheur des ogres est le premier tome de la saga Malaussène initié par l’écrivain français en 1985. Chronique loufoque sur une famille inclassable, les personnages qui composent cette œuvre, à la fois drôle et sombre, sont devenus une référence pour toute une génération de lecteurs. «Daniel Pennac est un ancien instituteur. Ces livres ont été beaucoup lus dans les écoles en France ce qui, je crois, a participé à son succès.»

Séduire Pennac

Les choses n’ont pas été simples pour le cinéaste qui a dû jouer d’astuce pour convaincre l’auteur de lui permettre de faire l’adaptation trente ans après la publication. «Il m’a dit non par automatisme. Il ne voulait pas qu’on adapte son roman au grand écran. Mais je suis revenu à la charge. J’ai fait un véritable travail de séduction. Je me suis dirigé vers le côté oncle bienveillant. En tant qu’ancien professeur, il possède cette qualité de toujours vouloir transmettre, alors je voulais vraiment qu’il voit ma véritable passion pour son œuvre. Je ne sais pas si c’est à cause de ma jeunesse ou de mon énergie, mais il a fini par accepter.»

Un accord qui n’a pas tout réglé puisque les difficultés ont commencé à s’empiler au fur et à mesure que le projet se mettait en place. «À l’image du titre, Au Bonheur des ogres est un roman complexe qui mélange les genres. Dans son allure fable, le récit est surtout une aventure baroque où se côtoient l’humour et le sordide. Je savais que cela n’allait pas être simple à transposer au grand écran.»

Le film entretient néanmoins une certaine joie de vivre, malgré les vicissitudes que subit le brave Benjamin Malaussène (interprété par Raphaël Personnaz), un bouc émissaire qui a la fâcheuse manie d’être toujours au mauvais endroit au mauvais moment. À la maison, son statut de frère aîné l’oblige pourtant à s’occuper de sa famille un tantinet désorganisée. «Je me suis identifié au personnage. Comme lui, j'ai eu à m’occuper de mes sœurs et frères.»

Il aura donc fallu deux ans de travail pour mettre au point le film. «On a fait un gros boulot d’écriture afin de garder l’esprit du roman composé de tous ses contrastes. Mon objectif est resté le même, je voulais d’abord réaliser un conte moderne, une sortie de feel-good movie. Au final, je crois qu’on s’est tous bien amusés.»

L’entrevue a été réalisée grâce à l’invitation des Rendez-vous d’Unifrance.

Au Bonheur des ogres – Métropole Films Distribution – Comédie policière – 96 minutes – Sortie en salles le 21 février 2014 – France.

Au Bonheur des ogres

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