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18/02/2014 03:35 EST | Actualisé 19/04/2014 05:12 EDT

Russie: le chef de la gauche radicale jugé pour préparation de «troubles massifs»

ASSOCIATED PRESS
Russian opposition activist Sergei Udaltsov shows victory sign as he greets journalists in a court room prior to a hearing in the Bolotnaya square protest trial in Moscow, Russia, Tuesday, Feb. 18, 2014. Left Front activists Sergei Udaltsov and Leonid Razvozzhayev arrived in court Wednesday and face up to ten years in prison on charges of organization of mass riots and colluding to commit a crime. A trial against two Russian opposition activists for their role in 2012 protests has started in a Moscow court. (AP Photo/Alexander Zemlianichenko)

Le procès du chef de file de la gauche radicale russe, Sergueï Oudaltsov, s'est ouvert mardi à Moscou, l'opposant risquant 10 ans de camp pour avoir selon l'accusation fomenté "des troubles massifs" lors de la contestation de 2011-2012 contre Vladimir Poutine.

Le procès s'est ouvert au tribunal municipal de Moscou, dans le centre de la capitale russe.

Assigné à résidence, Sergueï Oudaltsov est accusé, avec un proche, Leonid Razvozjaev, d'avoir fomenté des "troubles massifs" en coordination et avec le financement d'un ex-parlementaire géorgien, Guivi Targamadzé, jugé par défaut.

L'opposant dénonce des accusations "cousues de fil blanc" et des poursuites visant à le réduire au silence après la contestation d'une ampleur inédite qui avait précédé le retour au Kremlin en mai 2012 de Vladimir Poutine.

"Je n'attends rien de bon de ce procès. C'est un procès politique", a déclaré à l'AFP l'avocate de M. Oudaltsov, Violetta Volkova, avant le début de l'audience.

L'opposant n'a commis "aucun crime" a-t-elle dit, il n'a "rien fait qui puisse mener à des troubles massifs".

"Le régime est en train de serrer la vis sur les opposants politiques", a-t-elle affirmé.

Sergueï Oudaltsov était apparu en 2011-2012, lors de plusieurs mois de manifestations, comme le leader du flanc gauche de la contestation, par ailleurs menée notamment par le libéral Alexeï Navalny.

Ce dernier a lui aussi été visé par des poursuites, sous différentes accusations, et a d'ores et déjà été condamné l'année dernière à 5 ans avec sursis pour des accusations de malversations qu'il nie. Cela l'a rendu inéligible et passible d'emprisonnement.

Les accusations pour lesquelles Sergueï Oudaltsov, et Leonid Razvozjaev, sont jugés au tribunal municipal de Moscou portent à la fois sur des "troubles massifs" survenus selon les autorités lors d'une manifestation en mai 2012, et sur la préparation de troubles dans le pays.

Le 6 mai 2012, à la veille de la cérémonie d'investiture de Vladimir Poutine au Kremlin, une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le centre de Moscou avait débouché sur des heurts, dont l'opposition et la police se sont rejeté la responsabilité.

- L'opposant nie -

"Je n'avais personnellement, ainsi que les autres organisateurs et leaders du 6 mai, aucun intérêt politique à transformer cette situation en troubles", a déclaré Sergueï Oudaltsov dans un entretien publié lundi par le journal d'opposition Novaïa Gazeta.

"Ce sont les autorités qui pouvaient avoir intérêt aux affrontements du 6 mai pour lancer ensuite la répression, et non l'opposition", a-t-il jugé, se disant victime d'une "provocation politique".

Le Parquet affirme que 82 policiers ont été blessés. Des dizaines de manifestants ont également été blessés.

Des dizaines de manifestants ont été arrêtés, dont la plupart ont été relâchés fin 2013 à la faveur d'une amnistie, mais huit sont encore jugés et encourent jusqu'à 8 ans de camp.

Sergueï Oudaltsov n'avait pas été arrêté sur le coup.

Mais en octobre 2012, la chaîne NTV, qui appartient au géant gazier Gazprom, diffusait un film à charge contre l'opposant, présentant notamment des images tournées en caméra cachée lors d'une rencontre entre plusieurs hommes dont, selon le commentaire, Sergueï Oudaltsov et Guivi Targamadzé.

Ce dernier, présenté comme un proche du pouvoir géorgien de l'époque, pro-occidental et soutenu par les Etats-Unis, était présenté par la chaîne comme un spécialiste de la déstabilisation politique.

Les poursuites contre Sergueï Oudaltsov et Leonid Razvozjaev étaient lancées peu après, ainsi que contre un troisième suspect, Konstantin Lebedev.

Celui-ci a été condamné en avril dernier à deux ans et demi de camp pour la manifestation du 6 mai, après avoir reconnu sa culpabilité.

Dans l'interview publiée lundi, Sergueï Oudaltsov, un ancien membre de groupes d'ultra-gauche stalinienne, qui s'est rapproché ces dernières années de l'opposition dite "libérale", estimait qu'il avait été victime d'une "provocation" ourdie par des services secrets.

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