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16/02/2014 12:45 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

Verdict attendu en Allemagne dans le procès d'un Rwandais pour génocide

La justice allemande rendra mardi son verdict dans le premier procès en Allemagne d'un Rwandais accusé d'avoir participé au génocide qui a fait des centaines de milliers de morts au Rwanda entre avril et juillet 1994.

Onesphore Rwabukombe, 56 ans, réfugié de longue date sur le sol allemand, est jugé depuis janvier 2011 par la haute cour régionale de Francfort (ouest), dans le cadre d'un procès complexe qui a nécessité plusieurs centaines d'heures d'audience.

Cet ancien maire de Muvumba (nord-est du Rwanda) est accusé d'avoir ordonné et coordonné un massacre commis en avril 1994 par des soldats rwandais et des miliciens hutu, au cours duquel ont péri au moins 1.200 Tutsi qui s'étaient réfugiés dans une église.

Il avait été également accusé d'avoir participé à deux autres massacres, avant que ces accusations ne soient abandonnées fin 2011.

Il encourt la prison à perpétuité.

L'assassinat du président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994 avait marqué le point de départ de tueries ayant entraîné la mort de 800.000 personnes, principalement des Tutsi mais également des Hutu modérés, entre avril et juillet 1994.

Plusieurs pays d'Europe, outre le Rwanda et le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), à Arusha (Tanzanie), ont déjà jugé des Rwandais pour des faits liés à ce génocide. En France, le procès de Pascal Simbikangwa, autre responsable rwandais accusé de complicité de génocide, se poursuit à Paris.

Mais en Allemagne, ce verdict constituera une première. Depuis le procès à Nuremberg des anciens dirigeants nazis (1945-46), des ex-Yougoslaves ont été jugés pour génocide, mais aucun Rwandais à ce jour pour des faits de cette nature.

Incarcéré depuis 2011, M. Rwabukombe avait fait l'objet d'un mandat d'arrêt de Kigali, relayé en 2007 par Interpol.

Il avait été arrêté une première fois en juillet 2008 par les autorités allemandes dans la région de Francfort (ouest), où il résidait depuis 2002 avec sa famille. L'Allemagne avait toutefois refusé de l'extrader vers le Rwanda, estimant que les conditions d'un procès équitable n'étaient pas garanties.

Par la suite, la justice allemande avait elle-même engagé des poursuites contre ce Rwandais, envoyant notamment des procureurs allemands en Afrique afin d'entendre des témoins sur place.

Selon l'organisation non-gouvernmentale TrialWatch, spécialisée dans la justice internationale, M. Rwabukombe, sur lequel le TIPR n'a jamais enquêté, est au 435e rang sur une liste des responsables présumés du génocide au Rwanda.

Outre ce procès, deux anciens chefs rebelles hutu des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) basées en République démocratique du Congo, Ignace Murwanashyaka et son adjoint Straton Musoni, sont également jugés à Stuttgart (sud-ouest). Ils sont accusés de crimes de guerre et contre l'Humanité commis en 2008 et 2009 contre des centaines de civils.

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