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16/02/2014 11:35 EST | Actualisé 18/04/2014 05:12 EDT

Venezuela: le leader de l'opposition promet de se rendre à la police

CARACAS, Venezuela - Le leader de l'opposition Leopoldo Lopez, qui fait l'objet d'une intense chasse à l'homme de la part de la police vénézuélienne pour avoir supposément incité des manifestants antigouvernementaux à la violence et provoqué ainsi la mort de trois personnes, a déclaré, dimanche, qu'il se livrerait aux autorités après avoir organisé une dernière manifestation.

Dans une vidéo tournée à un endroit qui n'a pas été précisé, M. Lopez a dit ne pas craindre d'être arrêté, mais a reproché aux forces de l'ordre d'avoir tenté de violer son droit constitutionnel de manifester contre le gouvernement socialiste du président Nicolas Maduro.

Il a exhorté ses partisans à revêtir des t-shirts blancs et à marcher avec lui, mardi, jusqu'au ministère de l'Intérieur, où il compte remettre une pétition demandant la tenue d'une enquête sur le rôle du gouvernement dans la mort des trois victimes. Il a ajouté qu'il se rendrait ensuite aux autorités.

Leopoldo Lopez, qui n'a pas été vu depuis une conférence de presse mercredi soir après le rassemblement ayant tourné à l'affrontement entre protestataires et policiers, a affirmé dans la vidéo n'avoir commis aucun crime et a assuré que, si un tribunal décidait de le jeter en prison, il se soumettrait.

Les commentaires de M. Lopez ont été diffusés après que les forces de sécurité se furent présentées à sa maison et à celle de ses parents, tard samedi soir, en vertu d'un mandat d'arrestation émis contre l'homme de 42 ans pour des accusations allant de vandalisme sur des biens publics à homicide, en passant par terrorisme.

Le chef de l'opposition n'était dans aucune des deux résidences situées dans un quartier de l'est de Caracas lorsque les gardes nationaux et les représentants du service de renseignement militaire sont arrivés sur place.

Selon des témoins, des voisins ont frappé sur des casseroles afin de protester contre ce qu'ils considèrent comme une ordonnance de détention arbitraire.

Les raids sont survenus à la fin à une autre soirée de manifestations durant laquelle les policiers ont lancé des grenades de gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc afin de disperser une foule d'environ 500 étudiants.

Ces derniers ont promis de demeurer dans les rues tant que tous les contestataires anti-gouvernementaux arrêtés n'auraient pas été relâchés.

Les autorités ont indiqué que 23 personnes avaient été traitées pour des blessures mineures.

D'autres rassemblements avaient eu lieu plus tôt dimanche, sans incident.

Leopoldo Lopez, un ancien maire ayant fait ses études à Harvard, est le plus connu d'un groupe d'opposants et de partisans de la ligne dure qui essaient de prendre la tête du mouvement anti-Maduro à la place de l'ancien candidat présidentiel Henrique Capriles.

Nicolas Maduro accuse M. Lopez de fomenter un complot «fasciste» avec la complicité des États-Unis afin de le chasser du pouvoir deux mois après que les candidats de son parti eurent remporté une victoire écrasante aux élections municipales.

De son côté, Leopoldo Lopez a promis de poursuivre les manifestations jusqu'à que M. Maduro démissionne.

L'opposition blâme le président socialiste pour la criminalité croissante, l'inflation de 50 pour cent et le manque de produits de base qui affligent le Venezuela.