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16/02/2014 11:10 EST | Actualisé 18/04/2014 05:12 EDT

La Mauritanie appelle le Sahel à coordonner sa lutte anti-terroriste

Mohamed Ould Abdel Aziz, chef de l'Etat mauritanien et nouveau président en exercice de l'Union africaine, a appelé dimanche à Nouakchott les Etats sahéliens à "coordonner leurs politiques sécuritaires" dans une région où les groupes armés sont toujours actifs.

Le chef de l'Etat mauritanien a retrouvé pour un mini-sommet d'une journée ses homologues malien, Ibrahim Boubacar Keïta, nigérien Mahamadou Issoufou, burkibanè, Blaise Compaoré et tchadien Idriss Deby Itno.

M. Aziz les a exhortés à "coordonner leurs politiques sécuritaires" et à initier des "projets structurants" pour le développement du Sahel, devenu un haut lieu de trafics en tous genres, comme des armes depuis le conflit libyen en 2011.

Il existe un lien "étroit" entre le développement économique et la sécurité, et les cinq pays gagneraient à "améliorer " leur coordination dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, a déclaré le président mauritanien.

Il a appelé à "la vigilance face aux menaces sécuritaires qui persistent" dans la région, où opèrent notamment des groupes armés liés à Al-Qaïda, particulièrement Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Aqmi, qui est une émanation d'un groupe salafiste combattu par l'Algérie pendant dix ans, opère toujours dans ce pays ainsi que dans d'autres pays sahéliens.

Vaste Etat partageant des frontières avec sept pays dont la Mauritanie, l'Algérie, le Niger et le Burkina Faso, le Mali a été parmi les plus touchés entre 2012 et 2013 par les activités des groupes liés à Al-Qaïda durant une profonde crise politico-militaire de 18 mois.

Cette crise a été marquée par l'occupation de ses régions du Nord par des groupes islamistes armés, qui ont été chassés à partir de janvier 2013 par une intervention militaire franco-africaine - toujours en cours - durant laquelle les soldats français et tchadiens ont été en première ligne dans les combats contre les jihadistes.

Mais bien avant la crise au Mali, en 2010 et 2011, la Mauritanie a régulièrement mené des opérations militaires contre Aqmi en territoire malien qualifiées de "préventives" au moment où le régime du président malien de l'époque Amadou Toumani Touré - renversé en 2012 - était accusé d'incurie face aux jihadistes.

- "Défis sécuritaires" -

En avril 2010, pour mieux coordonner la lutte contre Aqmi, le Mali, la Mauritanie, le Niger et l'Algérie ont créé un Comité d'état-major opérationnel conjoint (Cémoc) basé à Tamanrasset (sud de l'Algérie) et disposant d'un centre de renseignement à Alger. Le Cémoc se réunit tous les six mois, mais n'a jamais à ce jour mené d'opérations conjointes transfrontalières.

L'Algérie, qui dispose de renseignements et d'une expertise en contre-terrorisme reconnus, apparaît comme la grande absente de ce mini-sommet, alors que le Tchad se pose comme un nouvel interlocuteur privilégié en raison de son implication dans la lutte contre les jihadistes dans le Nord malien, pour les observateurs.

Dans son discours, le président mauritanien a estimé que des "avancées significatives" ont été réalisées au plan de la sécurité, en citant le cas du Mali qui a retrouvé la stabilité politique grâce à l'intervention militaire franco-africaine.

Mohamed Abdel Aziz a salué cette intervention ainsi que la "bravoure" des soldats tchadiens qui a permis de "déloger les bandes armées de leurs repaires" dans le Nord malien.

Si la Mauritanie n'a pas dépêché sur place de troupes dans le cadre de cette intervention, elle a toutefois "assuré l'inviolabilité de (ses) frontières face aux bandes armées" en débandade, a-t-il souligné.

"Ces expériences accumulées" permettront aux cinq pays "d'adapter leurs réponses à ces défis sécuritaires, de parfaire nos outils et modes d'action et d'améliorer la coordination entre nos Etats", a ajouté Mohamed Ould Abdel Aziz.

En matière de développement, les cinq Etats peuvent par ailleurs envisager des projets communs dans les domaines de l'énergie et des transports qui "sont deux secteurs porteurs d'intégration et de croissance", a encore dit M. Aziz.

Il a aussi appelé à offrir à la jeunesse du Sahel "une formation adaptée au marché de l'emploi", en envisageant la création de "pôles de spécialisation et d'excellence régionaux" adaptés aux besoins de la zone sahélienne.

Le sommet doit prendre fin dimanche soir, selon une source diplomatique mauritanienne.

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