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16/02/2014 03:30 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

Dominique Maltais conclut sa carrière olympique avec l'argent en snowboard cross

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Dominante à l'entraînement au cours des deux dernières journées, Dominique Maltais se voyait remporter la médaille d'or aux Jeux de Sotchi, dimanche. Mais celle d'argent qu'elle a gagnée dans l'épreuve féminine de snowboard cross lui permet amplement d'effacer l'amère déception qu'elle avait connue à Vancouver, quatre ans plus tôt.

«Il y a un énorme stress qui vient de tomber de mes épaules, que je traîne avec moi depuis quatre ans, a affirmé Maltais, après avoir fait l'accolade à tous les membres de son clan, incluant son père Gérald. Depuis Vancouver, j'étais en mission. Je préparais une forme de revanche. Finalement aujourd'hui, le travail ardu a été récompensé. Je ne peux pas être plus heureuse.»

En grande finale, l'athlète de Petite-Rivière-Saint-François n'a été devancée que par la Tchèque Eva Samkova, qui a régné en reine au Parc extrême de la station alpine Rosa Khutor. La médaille de bronze est allée à la Française Chloé Trespeuch.

«J'avais montré aux filles à l'entraînement c'était qui la 'boss', a souligné Maltais. J'étais tellement dominante que je me voyais monter sur la plus haute marche du podium. Ce matin, je me suis fait surprendre en qualifications parce que je m'attendais d'obtenir le meilleur chrono.

«Le parcours était plus lent, et ça m'a réveillé, a-t-elle avoué, en rendant hommage à la jeune Tchèque. C'était hors de question que je termine ma carrière olympique sans un podium. C'était ça ou rien.»

La grande blonde a dû se battre avec le couteau entre les dents, surtout en demi-finale. Dans une «folle» course, elle a dû venir de l'arrière parce qu'elle occupait, à un moment donné, la quatrième position parmi les six compétitrices en piste. Après avoir dépassé l'Australienne Belle Brockhoof, qui a pris le décor, elle a évité de justesse la meneuse, l'Américaine Lindsey Jacobellis, victime d'une chute.

«Je n'avais pas de bons départs aujourd'hui, ce qui est habituellement ma force. Mais j'ai réussi à me faufiler au travers des filles jusqu'à la finale. En demi, c'était planifié que je tenterais un dépassement à cet endroit. L'Australienne ne doit pas être contente de moi, mais c'est le snowboard cross. Quelques instants plus tard, quand j'ai vu Jacobellis chuter devant moi, je n'allais pas dévier de ma ligne. Je me suis dit que ça passerait ou que ça casserait.»

Médaille plus satisfaisante

Cette 14e médaille canadienne à Sotchi, la deuxième de la journée de dimanche, est la deuxième de la carrière olympique de la planchiste âgée de 33 ans, qui avait terminé en troisième position aux Jeux de Turin, en 2006.

«À Turin, je ne m'attendais à rien tandis que cette médaille-là est le fruit de quatre années de labeur et de travail acharné. J'ai fait tout ce que je pouvais, aidée d'une équipe incroyable. Nous n'avons négligé aucun détail.

«Les courses que j'ai faites aujourd'hui résument parfaitement toute ma préparation des dernières années.»

À Vancouver, au moment où on s'attendait à rien de moins que l'obtention d'une médaille, Maltais n'avait pas pu se faire justice en raison d'une blessure et elle avait terminé au 20e rang.

«C'est beaucoup plus plaisant qu'à Vancouver, a commenté son père Gérald, qui a assisté à l'exploit de sa fille aux premières loges. C'est sûr que Dominique visait la première marche, mais la deuxième c'est excellent. Je n'aurais jamais cru venir en Russie de ma vie, et voir Dominique gagner une médaille d'argent aux Jeux olympiques, c'est le plus beau moment de ma vie!»

Le maire de Petite-Rivière-Saint-François a dit à la blague qu'il se proposait de souligner l'événement en prenant un verre de vodka russe. Pendant ce temps-là, dans son patelin, on faisait déjà la fête.

«Elle savait que tout le monde doutait d'elle et elle a montré à tout le monde que c'est une battante!», a lancé en entrevue son ami de coeur Yan Poirier, pas peu fier.

Ricker abattue

Le Canada espérait un doublé dans cette épreuve. Mais Maëlle Ricker, championne olympique en titre, a chuté en quarts de finale et elle n'a pas terminé la course, qu'elle a qualifiée «d'une des pires de toute ma carrière».

L'athlète de Vancouver Nord, en C.-B., a pris part aux jeux quelques semaines après avoir été opérée à un poignet. Elle arborait un plâtre en compétition.

«La blessure n'est pas une excuse, a-t-elle dit. Mes départs n'étaient pas comme à l'accoutumée, mais j'étais suffisamment prête.»

La planchiste âgée de 35 ans a confié avoir suivi le conseil que son père lui a donné avant qu'elle n'arrive en Russie.

«Il m'a dit: 'Relève la tête et garde le sourire'. C'est vraiment ce qu'il fallait faire. C'est la vie, et il faut rester positif.»

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