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15/02/2014 04:30 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

Venezuela: le chef de l'opposition est recherché par les autorités

CARACAS, Venezuela - Le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé samedi qu'une chasse à l'homme policière était en cours pour mettre la main au collet du leader de l'opposition Leopoldo Lopez, qui est derrière d'importantes manifestations antigouvernementales qui ont fait trois morts.

L'annonce du président socialiste est survenue alors que diverses manifestations étudiantes et pro-gouvernementales avaient lieu dans différents secteurs de la capitale, Caracas.

M. Lopez «a ordonné à tous ces enfants violents, qu'il a formés, de détruire les bureaux du procureur et la moitié de Caracas avant d'aller se cacher», a dit M. Maduro devant des milliers de partisans réunis pour dénoncer ce que le président a qualifié de complot «fasciste», appuyé par les États-Unis, pour le renverser.

«Rends-toi, lâche», a-t-il également lancé à son adversaire.

Aux États-Unis, des responsables ont nié comploter pour déloger le président Maduro, et le secrétaire d'État John Kerry a manifesté samedi ses inquiétudes à propos de la hausse des tensions et des violences entourant les manifestations.

«Nous sommes particulièrement inquiets par les informations voulant que le gouvernement vénézuélien aurait arrêté ou détenu de nombreux manifestants antigouvernementaux et émis un mandat d'arrêt contre le leader de l'opposition Leopoldo Lopez», a dit M. Kerry par voie de communiqué.

«Ces actions ont un effet négatif sur le droit du peuple d'exprimer pacifiquement ses doléances», a ajouté le secrétaire d'État dans la déclaration.

Nicolas Maduro a fait savoir que les forces de sécurité, agissant en vertu d'un mandat d'arrêt daté du 12 février, tentaient désormais de localiser M. Lopez, qui n'a pas été vu depuis une conférence de presse, mercredi soir. Il avait alors promis que les rassemblements de contestation se poursuivraient.

Le président n'a jamais prononcé le nom de son opposant, utilisant plutôt un surnom à connotation négative, «Le Trône», pour signaler ce qu'il pense des ambitions politiques de l'homme formé à Harvard.

Malgré tout, ces commentaires semblent vouloir confirmer une information, publiée jeudi par le quotidien El Universal, rapportant les détails d'une copie supposément coulée du mandat d'arrêt contre M. Lopez pour des accusations allant du vandalisme au terrorisme.

Jusqu'à maintenant, aucun responsable gouvernemental n'avait confirmé que Leopoldo Lopez était recherché, et ce même si les ministres lui imputent la violente et meurtrière manifestation de mercredi.

De leur côté, les assistants de M. Lopez nient que ce dernier se terre pour éviter d'être interpellé. Ils affirment qu'il est toujours au pays.

Ses avocats, qui n'ont pas pu mettre la main sur le présumé mandat d'arrêt, l'ont pressé d'éviter de faire des déclarations publiques jusqu'à la parution d'un document officiel.

Leopoldo Lopez, un ancien maire, est la figure la plus importante d'un groupe de tenants de la ligne dure qui contestent le leadership du candidat défait de l'opposition aux deux dernières présidentielles, Henrique Capriles.

Dans une tentative de couper les ailes du mouvement de contestation, M. Maduro a aussi dit avoir ordonné la suspension des services de métro et d'autobus dans la région de Chacao, dans la capitale, l'endroit où se concentrent les manifestations.

«Nous ne pouvons nous permettre un moment de faiblesse puisque nous tentons de vaincre un mouvement fasciste qui veut mettre fin à notre nation», a martelé le président, dont le gouvernement, hérité du défunt Hugo Chavez, est aux prises avec diverses pénuries et une inflation élevée.