NOUVELLES
15/02/2014 04:13 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

Syrie: les troupes gouvernementales pilonnent une région près du Liban

BEYROUTH - Les troupes syriennes ont poursuivi une offensive près du Liban, samedi, bombardant lourdement une ville sous contrôle rebelle et forçant les résidents à prendre la fuite pour trouver refuge de l'autre côté de la frontière, ont annoncé des opposants au régime al-Assad.

Ces violences sont survenues alors que l'Observatoire syrien des droits de l'homme a annoncé que le bilan des victimes de la guerre civile syrienne avait atteint 140 000 morts. Selon l'organisme, ce total comprend les civils, les rebelles, les soldats, les miliciens pro-gouvernementaux et les combattants étrangers.

Les affrontements se seraient par ailleurs multipliés ces derniers temps, faisant plus de 3400 morts jusqu'à maintenant ce mois-ci, alors même que le gouvernement et l'opposition tiennent des négociations de paix à Genève. Depuis le début des discussions, le 22 janvier, 5792 personnes ont été tuées.

L'organisation onusienne des droits de l'homme a fait savoir en janvier qu'il avait cessé de compiler le nombre de décès en Syrie, puisqu'il n'est plus en mesure de vérifier ses sources d'information; son dernier décompte parle d'au moins 100 000 victimes en date de juillet dernier.

Deux hauts responsables de l'opposition ont indiqué que le gouvernement avait placé les grands noms de la Coalition nationale syrienne, le principal groupe d'opposition en exil, sur une liste de terroristes, et a ordonné la confiscation de leurs biens. Selon eux, cette liste comprend le président et les vice-présidents de la coalition, ainsi que d'autres membres du groupe.

Cette liste aurait été établie par le ministère de la Justice, bien que Damas n'ait pas confirmé la chose.

Samedi, toujours, la coalition a fait savoir que son leader était entré la veille dans des régions rebelles de la province d'Idlib (nord-ouest). Des rebelles modérés se trouvant dans cette zone lutte contre les forces gouvernementales, mais également contre les membres de l'État islamique d'Irak et du Levant, un groupe islamiste extrémiste.

«Je suis venu ici pour vous dire que nous sommes avec vous. Nous sommes liés à ces terres et nous n'accepterons pas de compromis sur les valeurs de cette révolution. Nous nous débarrasserons de cette famille corrompue et criminelle qui dirige le pays depuis des décennies», aurait déclaré Ahmad al-Jarba, faisant référence à la dynastie al-Assad, au pouvoir depuis 1970.

Du côté de l'Observatoire, on précise que le pilonnage gouvernemental s'est concentré sur la ville de Yabroud, ainsi que sur les villages avoisinants de Sihil et Falita. L'organisme n'a pas encore fait état de morts ou de blessés.

Un militant se trouvant dans la région a déclaré à l'Associated Press que le mauvais temps avait empêché les avions gouvernementaux de s'envoler. «La majorité du bombardement [de samedi] est mené par l'artillerie, par des mortiers ou par des chars», a-t-il dit.

L'armée, aidée par des combattants du Hezbollah, mènent une offensive dans cette région depuis le début décembre, tentant de détruire les liens entre les rebelles et le Liban. Yabroud, qui compte une importante population chrétienne, est la dernière ville d'importante de la région encore détenue par les rebelles.