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15/02/2014 02:38 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Neknominate : un jeu dangereux arrive au Canada

Un nouveau jeu à boire qui fait fureur sur les réseaux sociaux, surnommé « neknominate », a maintenant plusieurs adeptes au Canada.

Le jeu consiste à se filmer en train d'ingurgiter de l'alcool, souvent en faisant quelque chose « d'extrême », et de défier ses amis à faire de même. Une fois la vidéo publiée sur les réseaux sociaux, les « nommés » ont 24 heures pour répliquer.

Sur Facebook ou YouTube, certaines vidéos ont été visionnées plus de 100 000 fois. Dans une vidéo, un homme tenu à l'envers par deux de ses amis boit de la bière dans la cuvette d'une toilette. Dans un autre, un homme ingurgite une bouteille de vodka de 750 ml au complet.

Au Québec, plusieurs personnes se sont filmées buvant des bières d'un trait en petite tenue dehors, par des températures glaciales.

Venu d'Australie, le jeu - également surnommé « neknomination » ou « neck and nominate » - serait à l'origine de la mort de quatre jeunes, en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande. Une des jeunes victimes serait morte après avoir tenté de boire une pinte de vodka.

Gregory Lee, étudiant à l'Université Concordia, à Montréal, a été récemment choisi par un ami de l'Université Bishop à Sherbrooke. Il ne lui est même pas venu à l'esprit de ne pas relever le défi. « Comme c'est publié sur Facebook, tout le monde s'attend à ce que vous postiez votre vidéo dans les 24 heures », a-t-il affirmé au réseau anglais de Radio-Canada.

L'étudiant s'est filmé en train de boire de l'alcool après avoir fait du scooter dans son appartement. Il a posté la vidéo sur YouTube puis nommé deux de ses amis.

Éduc'alcool inquiet

Bien au courant de ce jeu, l'organisme Éduc'alcool dit que, même si le phénomène est pour le moment limité, il est tout de même inquiétant.

Son directeur général, Hubert Sacy, prend d'ailleurs part à une conférence en Europe où il en est question. « Étant donné qu'il s'agit d'une escalade importante qui fait en sorte que chacun doit battre le précédent à la fois quant à la quantité d'alcool qu'il consomme, qu'à la vitesse à laquelle il consomme et aux circonstances dans lesquelles il consomme, c'est extrêmement dangereux », soutient-il.

Le jeu se déroulant sur les réseaux sociaux, et non dans un collège ou une université, par exemple, Hubert Sacy ajoute qu'il est pratiquement impossible d'intervenir et de rejoindre les jeunes en un endroit précis. « Il n'y a pas de lieu pour contrôler ça, il n'y a pas de lieux pour intervenir. Malheureusement, Facebook fait preuve d'un manque majeur de responsabilité sociale en refusant de fermer les pages de groupes qui font ça malgré les demandes répétées à travers le monde [...] Le combat est très difficile », se désole-t-il.

Une consolation pour Éduc'alcool est que le jeu est loin de faire l'unanimité sur les réseaux sociaux, si bien que plusieurs personnes décident de le transformer pour le mieux. Par exemple, en Irlande, la page Facebook a été modifiée pour en faire une page de sensibilisation contre la consommation excessive d'alcool.

« Il y a eu un autre détournement extrêmement intéressant en France, où on groupe a été créé pour faire de la "smartnomination". Ainsi, au lieu de lancer un défi pour savoir qui va boire le plus, un jeune s'est filmé en train de servir de la soupe à des sans-abri en invitant deux de ses amis à essayer de faire un geste encore plus charitable », se réjouit M. Sacy.