NOUVELLES
15/02/2014 06:24 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

Musique trop forte en Floride: un homme est reconnu coupable de tentative de meurtre non prémédité

AP

JACKSONVILLE, États-Unis - Un homme blanc de la Floride a été reconnu coupable samedi de trois chefs d'accusation de tentative de meurtre non prémédité après une dispute à propos d'une musique jouée à volume élevé qui s'est soldée par la mort d'un adolescent noir.

Le jury n'est pas parvenu à s'entendre sur le chef d'accusation de meurtre prémédité. Le chef d'accusation a donc été déclaré nul.

L'homme âgé de 47 ans était accusé du meurtre prémédité de Jordan Davis, âgé de 17 ans. Le jeune homme a été tué par balle à l'extérieur d'un dépanneur de Jacksonville, en Floride, en 2012.

Les 12 jurés ont cependant reconnu Michael Dunn coupable d'avoir utilisé une arme à feu dans un véhicule occupé.

Le quadragénaire a tiré dix balles, atteignant le véhicule neuf fois. Trois amis de Jordan Davis se trouvaient dans la voiture au moment des événements.

L'accusé soutenait qu'il avait tué l'adolescent en légitime défense, affirmant lors de son témoignage qu'il croyait avoir aperçu une arme dirigée vers lui dans le véhicule. Aucune arme n'a été découverte dans celui-ci.

Les procureurs affirmaient de leur côté que Michael Dunn avait tué Jordan Davis parce qu'il croyait que ce dernier lui avait manqué de respect lors d'une discussion à propos du volume de sa musique.

Le jeune homme avait poussé ses amis à remonter le son de la musique après l'avoir d'abord baissé à la demande de Dunn.

Celui-ci avait affirmé à sa fiancée qu'il s'agissait de «musique de racailles» («thug music»).

Il n'a par ailleurs montré aucune émotion à la lecture du verdict. Quant aux parents de la victime, ils ont quitté la salle d'audience en pleurs.

Plus tôt dans la journée, les jurés avaient indiqué, dans une note remise au juge Russell L. Healey, qu'ils éprouvaient de la difficulté à parvenir à un verdict sur l'accusation de meurtre. Le magistrat leur a alors demandé de retourner au travail, et les 12 hommes et femmes ont ainsi poursuivi les discussions pendant encore deux heures.

«Je n'ai jamais vu d'affaire où les délibérations ont été aussi longues, a mentionné le magistrat après la lecture du verdict. Ils ont accepté leur devoir citoyen, et ils doivent être félicités pour cela.»

Au cours de la dernière semaine, le procureur adjoint de l'État de la Floride, John Guy, avait affirmé que l'accusé n'avait «pas ouvert le feu en direction d'une voiture remplie de jeunes pour sauver sa peau».

«Il a tiré pour défendre sa fierté. Jordan Davis n'avait pas d'arme, il avait une grande gueule», a soutenu M. Guy.

Ce procès est la plus récente affaire à soulever des questions à propos de l'autodéfense et des différences raciales, six mois après que George Zimmerman eut été acquitté du meurtre de Trayvon Martin, un autre adolescent noir de 17 ans, toujours en Floride.